8 décembre 2022
Ville de Kisangani, RD Congo
Interview Sport

Journée mondiale du judo : « Si le football est le sport roi, le judo en est peut-être le prince » (Joel Kabuya)

Le 28 octobre de chaque année, le monde du sport célèbre la journée mondiale du Judo. Cet art martial fut créé au Japon en 1882 par Jigorō Kanō. Il s’est répandu à travers le monde avec notamment l’organisation des grands tournois, n’épargnant pas la République démocratique du Congo.

À Kisangani dans la province de la Tshopo, le judo est l’un des sports les plus pratiqués par de jeunes, garçons ou filles, professionnels ou amateurs. C’est également l’une des rares disciplines sportives dans laquelle la Tshopo se défend plutôt bien. Les résultats du dernier tournoi de sélection à Kinshasa en disent long.

A l’occasion de cette journée mondiale du judo, dont le thème de cette année est « Inclusion, unir la famille du judo », maître Joel Kabuya, entraîneur du judo club Cobra, cinq fois champion de la province, une fois vice-champion du Congo et médaillé de bronze au tournoi international des pays de grands lacs, s’est confié à la rédaction de Kaba Lisolo.

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A la question de connaître l’évolution de ce sport dans la ville de Kisangani, Joel Kabuya n’a pas caché son mécontentement face au manque d’organisation dans cette discipline au niveau de sa province.

Le judo actuellement à Kisangani se porte à 20% bien. Les derniers résultats à Kinshasa en sont la preuve. Nous nous plaçons 4e au niveau national, alors qu’en 2013 (coupe du Congo), nous étions 2e après Kinshasa. La cause, un président de la ligue qui gère très mal et ne veut pas organiser des élections, alors qu’il est fin mandant depuis 2017. Aucun comité de discipline (sans discipline, la structure est un poulailler), pas d’équipe provinciale (on ne forme l’équipe que quand il y a une compétition à venir et celà, souvent à un mois de la compétition, ce qui ne permet pas d’être apte). En gros, la mauvaise gestion de la ligue fait en sorte que le judo ne marche pas bien à 80% et n’oublions pas l’abandon que nous subissons de la part des autorités compétentes.

Face à la situation que traverse son sport de cœur, mais aussi dans le souci de voir celui-ci être placé dans son rang de mérite, le coach du judo club Cobra n’a pas hésité à envoyer un message aux autorités provinciales.

Nous demandons aux autorités une bonne prise en charge, surtout de ne toujours pas mettre l’accent sur le football et oublier d’autres sports, dont le judo. Si le football est le sport roi, le judo en est peut-être le prince. Un royaume (sport) avec un prince faible, ne fera pas long feu. Le judo (prince) n’est jamais sorti de cette ville et rentré les mains bredouilles. Même pendant cette petite chute de 2e à 4e (tournoi national ndlr), nous avons quand-même remporté des médailles. Je pense que nous méritons un encadrement digne de ce nom et des autorités (ministre de sport, conseillé au sport,…) qui ne soient pas focalisés seulement sur le football. (…) Je demande aux autorités de concrétiser la promesse faite par l’ex-Gouverneur Jean Bamanisa en 2013, sur la réhabilitation du judo provincial qui se trouve dans l’enceinte de la division des sports.

Pour lui, les nominations des dirigeants sportifs ne devraient pas passer que par ceux qui sont plongés dans le football. Poursuivant cet entretien avec notre rédaction, Joel Kabuya a fait part de quelques recommandations, toujours cadrant avec son message aux autorités.

En décembre, il y a la coupe du Congo. J’aimerais que les autorités mettent la main dans la pâte afin que l’équipe ne rate pas cette occasion de participer à la coupe du Congo et je peux promettre aux autorités une explosion comme en 2013. Aussi, le gouvernement provincial peut organiser un tournoi de judo par équipe, à dénommer « Tournoi MANIK ». (…) Faire participer la province aux séminaires d’arbitrage avec la vision d’être retenu comme arbitre national et pourquoi pas international, car la Tshopo n’a aucun arbitre national moins encore international; doter le judo tshopolais d’un tatami du 21e siècle car nous utilisions des bâches et déchets de bois (c’est la misère); créer une académie de judo pour enfant…

Dans la suite de ses recommandations, Joel Kabuya a révélé qu’il aimerait voir la coupe du Congo de judo débarquer dans la Tshopo. Aussi, pourquoi pas, assister à la création d’une compétition qui interviendrait une fois l’an, uniquement dans la province.

Si le judo boyomais se porte mal sur le plan organisationnel, chez les athlètes, les choses avancent plutôt bien. La semaine passée, parmi les athlètes de Kisangani qui ont représenté la Tshopo au tournoi de sélection à Kinshasa, deux se sont distingués avec chacun une médaille en bronze, dans les catégories junior (66 kg) et senior (81 kg).

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