Plusieurs centaines de personnes ont manifesté pacifiquement ce jeudi 23 juillet dans les rues de la ville de Butembo, grand centre commercial du Nord-Kivu, pour exiger l’interdiction de boissons artisanales et industrielles fortement alcoolisées, qualifiées de poisons pour la jeunesse.
À l’appel du mouvement citoyen Filimbi et de plusieurs organisations locales, les protestataires ont arpenté les artères de la ville, du rond-point Takenga jusqu’à la mairie, en scandant des slogans hostiles aux producteurs locaux de ces liqueurs à forte teneur en alcool et vendues à très bas prix.
Nos enfants meurent à petit feu. On trouve ces sachets et bouteilles d’alcool fort à chaque coin de rue pour moins de 500 francs congolais. À 10 heures du matin, des jeunes de 15 ans sont déjà ivres mort. C’est intolérable !
a fustigé auprès de notre rédaction Kavira Mwenge, une mère de famille venue manifester
Dans un mémorandum remis aux autorités urbaines, la coalition citoyenne pointe directement du doigt plusieurs marques et usines d’assemblage locales, exigeant la fermeture pure et simple de leurs chaînes de production ou leur reconversion vers des produits agroalimentaires sains.
Ce ne sont pas des boissons, ce sont des liqueurs de la mort qui détruisent la santé mentale et physique de nos jeunes, futurs cadres du pays.
a déclaré Kalule Saasita, militant du mouvement Filimbi
Et d’ajouter,
Le gouvernement ne peut pas continuer à fermer les yeux au nom d’intérêts financiers, pendant qu’une génération entière est sacrifiée
ajoute-t-il
Outre la déchéance sanitaire, les manifestants lient la consommation incontrôlée de ces alcools à l’explosion de la criminalité urbaine dans une région déjà déstabilisée par l’insécurité chronique.
Beaucoup de jeunes sombrent dans la délinquance sous l’emprise de ces substances. Si l’État veut lutter contre l’insécurité à Butembo, il doit d’abord assécher ces usines de poison.
a martelé Paluku Kombi, un leader de la jeunesse locale
Signalons que les autorités communales de Butembo ont réceptionné le document, promettant de le transmettre au gouvernement central à Kinshasa, seul habilité à révoquer les autorisations d’implantation et de commercialisation de ces produits sur le territoire national.
