25 juillet 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Politique

RDC : Lambert Mende explique comment il a été manipulé par Joseph Kabila

L’ancien porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, affirme avoir été « manipulé » par l’ancien président de la République, Joseph Kabila, durant les douze années où il a défendu, dans ses fonctions officielles, la ligne du pouvoir sur la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.

Lambert Mende a fait cette déclaration ce jeudi 23 juillet lors d’un Space organisé sur le réseau social X par le journaliste Stanis Bujakera.

Selon l’ancien ministre, il a relayé pendant douze ans, en tant que porte-parole du gouvernement, un discours présentant le Rwanda comme « l’unique ennemi » de la RDC. Il estime aujourd’hui avoir été instrumentalisé dans cette communication, au regard de l’évolution de la position de Joseph Kabila sur la situation sécuritaire dans l’est du pays.

Lambert Mende reproche notamment à l’ancien chef de l’État de banaliser désormais, selon ses propres termes, « l’agression rwandaise », alors qu’il avait lui-même, lorsqu’il était au pouvoir, défendu une ligne politique et diplomatique dénonçant régulièrement le rôle du Rwanda dans les violences qui affectent l’est de la RDC.

Pour expliquer cette situation, l’ancien porte-parole du gouvernement a évoqué les moyens dont dispose tout chef d’État pour accéder à des informations auxquelles ses collaborateurs et subordonnés n’ont pas nécessairement accès. Il a notamment cité les services de renseignement, les structures de sécurité, l’armée et le gouvernement.

Il a illustré cette différence de perception par une comparaison imagée, estimant qu’un chef d’État peut être assimilé à « une girafe qui a le cou très long » et qui, de ce fait, voit plus loin que ses subordonnés.

Cette déclaration intervient dans un contexte politique marqué par des divergences croissantes sur la lecture de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC et sur les responsabilités des différents acteurs impliqués dans le conflit.

Lambert Mende a également assuré qu’il adopterait la même attitude à l’égard du président Félix Tshisekedi. Il a indiqué qu’il dénoncerait, de la même manière, le chef de l’État actuel si celui-ci venait, à l’avenir, à contredire le discours qu’il tient aujourd’hui sur la situation sécuritaire et l’« agression rwandaise ».

Cette sortie de l’ancien porte-parole du gouvernement relance ainsi le débat sur la communication politique des autorités congolaises au fil des différentes présidences, mais aussi sur la manière dont les responsables publics peuvent être amenés à défendre une ligne officielle avant de revoir leur position en fonction de l’évolution du contexte politique et sécuritaire.

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