30 mai 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Education Littérature

Taux de change et stabilité économique : une œuvre scientifique majeure de la sœur Brigitte Anibiloni, dévoilée à l’UNIKIS

La bibliothèque de l’Université de Kisangani a servi de cadre, ce samedi 24 janvier, à la cérémonie solennelle de vernissage de l’ouvrage intitulé « Diagnostic et thérapeutiques pour l’économie congolaise face aux chocs sur le taux de change ». Cette œuvre scientifique de grande portée est signée par la Révérende Sœur Professeure associée Brigitte Anibiloni Sungufue, docteure en sciences économiques et enseignante-chercheure à l’Université de Kisangani.

La cérémonie a réuni les autorités universitaires, les membres du corps académique, des chercheurs, des religieux ainsi que de nombreux invités issus des milieux économique et institutionnel.

L’ouvrage est structuré en cinq chapitres majeurs, à savoir : la définition de la monnaie et ses fonctions, les notions de taux de change, l’inflation, la politique monétaire, ainsi qu’un diagnostic assorti de préconisations pour la stabilité du franc congolais. À travers ces axes, l’auteure propose une analyse approfondie des mécanismes monétaires et des réponses économiques adaptées au contexte congolais.

Dans son allocution, le doyen de la Faculté des Sciences économiques et de gestion, le docteur Janvier Egudra, a salué une œuvre qui s’inscrit pleinement dans les débats macroéconomiques actuels de la République démocratique du Congo. Il a souligné que, dans un contexte international marqué par l’instabilité financière et la volatilité des économies exogènes, l’analyse du taux de change ne peut plus être considérée comme un simple exercice académique, mais constitue désormais une exigence stratégique de politique économique.

Représentant le recteur de l’Université de Kisangani, le professeur Pionus Katuala Gatate-Banda, secrétaire général académique, a, avant de baptiser l’ouvrage, mis en avant l’utilité sociale de la recherche scientifique. Il a insisté sur le fait que la recherche doit produire des connaissances utiles et proposer des solutions concrètes aux problèmes de la société.

Pour que la recherche serve à quelque chose, il faut que ses résultats soient partagés avec ceux qui ont la charge de conduire les affaires publiques, ainsi qu’avec toute la société, qui peut y trouver une source d’inspiration. La reconnaissance nationale et internationale de notre université dépend de la qualité de notre production scientifique. À ce titre, nous félicitons chaleureusement l’auteure, Brigitte.

a-t-il déclaré

Pour l’auteure de l’ouvrage, la RDC dispose aujourd’hui d’une politique monétaire et budgétaire clairement définie. Elle a notamment rappelé le rôle de la Banque centrale du Congo, qui a rétabli la politique des réserves obligatoires en imposant un coefficient aux dépôts bancaires, tant en monnaie nationale qu’en devises étrangères. Selon elle, cette mesure a contribué à renforcer les mécanismes de stabilisation et à soutenir l’appréciation du franc congolais.

L’ouvrage met par ailleurs en évidence le rôle central du taux de change comme canal de transmission des déséquilibres macroéconomiques vers l’économie réelle. Ces déséquilibres influencent les échanges extérieurs, les flux d’investissements, la stabilité des prix, le pouvoir d’achat des ménages ainsi que la performance des entreprises.

Partant du postulat que l’économie congolaise présente de profondes vulnérabilités structurelles, Sœur Brigitte identifie plusieurs facteurs qui amplifient les effets des chocs de change, notamment une forte dépendance aux importations, une faible diversification productive, une dollarisation avancée de l’économie et une base fiscale étroite, largement tributaire des recettes minières.

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