29 mai 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Justice

RDC : six mois après leur nomination, 2 500 nouveaux magistrats toujours sans salaire ni affectation

Plus de six mois après leur nomination, les 2 500 magistrats civils et militaires recrutés en mars 2025 attendent toujours leur prise de fonction effective. Une situation qui suscite l’incompréhension et la colère dans les milieux judiciaires congolais.

Le 28 mars dernier, le président Félix Tshisekedi avait signé des ordonnances d’organisation judiciaire actant la nomination de ce second lot de magistrats, venant compléter le vaste programme de recrutement de 5 000 agents judiciaires lancé en 2022. L’objectif affiché : combler le déficit criant de personnel dans un système judiciaire qui, jusqu’alors, ne comptait qu’environ 3 000 magistrats pour plus de 100 millions d’habitants.

Lors de la 38ᵉ réunion du Conseil des ministres, le 4 avril 2025, le Chef de l’État avait instruit la Première ministre, ainsi que les ministres du Budget, des Finances et de la Justice, sans oublier le président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), de coordonner les efforts pour accélérer la formation, la mécanisation administrative et le paiement des salaires de ces nouveaux agents. Une enveloppe budgétaire de 48 milliards de francs congolais avait d’ailleurs été prévue à cet effet dans la loi de finances 2025.

Mais depuis, le dossier semble au point mort. Les magistrats de cette nouvelle promotion, réunis au sein du Forum Général des Magistrats, dénoncent leur situation de précarité :

Nous n’avons perçu aucun salaire depuis mars. Aucune formation n’a été organisée, aucune affectation n’a eu lieu. Nous sommes laissés pour compte, alors que les fonds prévus pour nous auraient été réaffectés pour ajuster les barèmes des magistrats déjà en fonction.

confie l’un d’eux

Face à ce silence administratif, plusieurs d’entre eux sont descendus dans la rue à Kinshasa, entre juin et juillet 2025. Des sit-in pacifiques ont eu lieu devant les ministères de la Justice, du Budget et des Finances, pour réclamer l’application des ordonnances présidentielles et dénoncer ce qu’ils considèrent comme une « indifférence de l’État ».

Cette impasse compromet les efforts de réforme du secteur judiciaire, alors que le pays peine toujours à garantir une justice accessible, indépendante et efficace.

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