30 mai 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Nord-Kivu : à Rubaya, 200 morts dans une mine interdite sous contrôle armé, le gouvernement réagit

Le site minier de Luwowo, situé dans la zone de Rubaya au Nord-Kivu, a été le théâtre d’un drame d’une rare ampleur. Le 28 janvier dernier, au moins 200 personnes, majoritairement des creuseurs artisanaux, ont perdu la vie à la suite d’un éboulement survenu dans ce périmètre minier pourtant formellement interdit à toute exploitation.

Dans un communiqué publié ce dimanche 1er février, le gouvernement congolais a exprimé sa profonde compassion aux familles endeuillées. Les autorités rappellent que Rubaya figure parmi les zones minières classées « rouges », en raison de l’insécurité et de la présence de groupes armés, rendant toute activité extractive illégale.

Malgré cette interdiction, l’exploitation minière se poursuit dans la zone, sous le contrôle de groupes armés. Kinshasa accuse le Rwanda et les éléments de l’AFC/M23 de tirer profit de l’extraction illicite du coltan. Selon les estimations officielles, entre 112 et 125 tonnes de ce minerai quitteraient chaque mois la zone de Rubaya, alimentant une économie qualifiée de « guerre » par les autorités congolaises.

Le gouvernement pointe également les insuffisances des mécanismes internationaux de traçabilité des minerais, ainsi que la responsabilité de certains acteurs économiques qui continuent d’acheter ces ressources malgré les alertes répétées. Pour Kinshasa, ces pratiques constituent de graves violations du droit international et contribuent à l’insécurité persistante dans l’est du pays.

Les autorités annoncent la poursuite de la collecte d’éléments en vue de saisir les juridictions compétentes. Elles réaffirment leur engagement à rétablir l’autorité de l’État et à mettre un terme à l’exploitation illégale des ressources naturelles. Un appel est également lancé à la communauté internationale afin qu’elle prenne pleinement la mesure de l’ampleur du drame et de ses causes structurelles.

Une reprise sous le poids du deuil

Sur le terrain, la vie reprend lentement, malgré la douleur. Trois jours après l’éboulement survenu sur le carré minier de Kasasa, certains creuseurs ont repris le travail dans d’autres carrés, tandis que plusieurs commerces ont rouvert leurs portes.

Selon des témoignages recueillis auprès des habitants, Rubaya demeure profondément marquée par le drame. Dans la cité comme dans les villages environnants, les familles pleurent des proches disparus. Beaucoup estiment qu’un bilan définitif ne sera jamais établi, la profondeur des puits et le nombre de personnes présentes au moment de l’éboulement rendant toute opération de récupération exhaustive quasiment impossible.

Pour de nombreux habitants, les puits deviennent souvent des sépultures improvisées. Les survivants, contraints par la nécessité, se déplacent vers d’autres sites afin de poursuivre leur activité. Pendant ce temps, les autorités locales s’emploient à évacuer les blessés vers l’hôpital provincial de Goma pour une prise en charge médicale.

Au-delà de la tragédie humaine, la population dénonce la dégradation continue des conditions de travail dans ces mines, sous contrôle du M23 depuis plus d’un an, et appelle à une action urgente pour mettre fin à cette exploitation à haut risque.

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