À Luebo, dans la province du Kasaï, la justice est paralysée depuis près de cinq ans. Les tribunaux de paix et de grande instance y sont à l’arrêt, faute de juges. Une situation alarmante qui plonge des dizaines de citoyens dans un vide judiciaire total, en violation flagrante des droits fondamentaux garantis par la Constitution congolaise.
Conséquence directe de cette paralysie : plusieurs détenus croupissent à la prison centrale de Luebo sans avoir jamais été jugés. Certains sont privés de liberté pour des faits qualifiés de bénins, révèle le directeur de cette maison pénitentiaire, Emmanuel Tshintela. En l’absence d’audiences, de dossiers examinés et de perspectives judiciaires claires, ces prisonniers deviennent les victimes silencieuses d’un système judiciaire défaillant.
À cette crise judiciaire s’ajoute une dégradation avancée des infrastructures pénitentiaires. Construite à l’époque coloniale, la prison centrale de Luebo ne répond plus aux normes minimales de détention humaine. Elle accueille actuellement près de 67 détenus dans des conditions précaires, indignes d’un État de droit.
Face à cette double urgence, l’absence de justice et la vétusté des infrastructures carcérales, Emmanuel Tshintela lance un appel pressant aux autorités compétentes. Il plaide pour la construction d’une prison moderne et la réactivation immédiate des juridictions locales.
À Luebo, la justice ne peut plus attendre.
