28 janvier 2023
Ville de Kisangani, RD Congo
Interview Société

Kisangani : découvrez Jonathan Bofete, ce jeune entrepreneur qui se paie les études grâce aux « frigolaits »

Si vous étudiez à l’Université de Kisangani et dans l’une des facultés du campus central ou à la faculté de médecine, vous ne pouvez pas, sûrement ne pas connaître ce jeune courageux, très connu par tous pour la vente ambulatoire de bâtons glacés au lait, appelés localement frigolaits.

Son nom, c’est Jonathan Bofete. Un garçon calme, gentil, courageux et commerçant. Nombreux sont ceux qui le connaissent plus pour ses affaires que pour ce qu’il est. Découvrez le ses autres statuts et ses qualités dans cet entretien avec la rédaction de Kaba Lisolo.

KL : Monsieur Jonathan Bofete, communément appelé Papa Frigolait. Vous êtes très connu par les étudiants et les quelques élèves de la ville pour votre business. Que peut-on encore savoir sur vous à part ce statut de jeune entrepreneur ?

Jonathan Bofete : Oui, je vous remercie avant tout de vous intéresser à moi et à ce que je fais, vous êtes le tout premier média en tout cas.

En effet, je comme je me suis présenté à vous au début, je suis Jonathan Bofete, mais on me connait par le surnom de Papa Frigolait, le nom donné par rapport au produit que je vend.

Au delà de ce que je fais, c’est-à-dire du statut de commerçant, je suis aussi étudiant en deuxième graduat en Biomédical, à la Faculté de Médecine et Pharmacie de l’Université de Kisangani.

KL : Quand avez-vous commencé et comment vous êtes-vous lancé dans les affaires, parallèlement à vos études ?

Jonathan Bofete : Débrouillard depuis mon jeune âge (rire), j’essaie toujours d’aider mes parents, pour ma propre formation et mon éducation.
Lorsque j’ai décroché mon diplôme, je me suis créé une petite boutique à la fac. Je vendais quelques produits, ceux qui sont plus souvent demandés : biscuits, bonbons, stylos, papiers duplicateurs, etc.

Et c’est lorsque j’ai commencé mes études supérieures à la fac de médecine que je me suis lancé dans le marché de frigolaits, une sorte de yaourt glacé sur de la tige. Grâce à ça, j’ai pu subvenir à mes besoins et financer mes études.


KL : Commerçant ambulatoire et étudiant en même temps, comment arrivez-vous à prendre de l’équilibre ?

Jonathan Bofete : Bon, je fais juste la part des choses. Je profite de quelques heures vides, où il n’y a pas cours pour vendre mes frigolaits, et lorsqu’il ya cours, je les confie à quelqu’un. J’assiste au cours, à la pause, je reprends mes activités.

KL : Vous profitez du temps libre pour votre business, alors comment faites-vous pour préparer le cours, les travaux pratiques, interrogations ou examens ?

Jonathan Bofete : Je donne à chaque chose son temps. Je profite surtout de la journée pour mes affaires et la fac, le soir je revois mes notes. Ce qui me permet de bien préparer les différents travaux liés à mes études. Avec cet exercice quotidien, je m’en sors facilement.

KL : Vous n’êtes pas parfois sujet de moquerie pour ce que vous faites ? Et si cela vous est-il arrivé quelques fois, quelle attitude prenez-vous souvent ?

Jonathan Bofete : (Rire) en tout cas, peu sont ceux qui se moquent de moi. Je reçois plus d’encouragements de gens que des railleries. Je trouve juste le choix entre ce que j’ai choisi de faire et les impressions des gens. Je ne prend d’eux que du positif, et je reste moi-même positif, parce que moi seul je sais ce que je fais et pourquoi je dois le faire.

KL : Parvenez-vous à subvenir à certains de vos besoins avec votre crèmerie mobile ?

Jonathan Bofete : Oui bien sûr ! une partie, voire la grande partie de mes études est financée par ça. Quand mon père pouvait plus financer entièrement mes études, ce sont ces frigolaits qui m’ont payé les deux premières tranches des frais académiques. Et quand il y a avait encore la vente de syllabus, je payais moi-même les frais de Droit d’auteur. Voilà pourquoi je ne vois pas de quoi avoir honte.

KL : Avez-vous une fois reçu un quelconque financement en plus des mots d’encouragements ?

Jonathan Bofete : Aucun jusque là. Je me débrouille seul. Mais je ne refuserais pas si quelqu’un m’en offrait.

KL : Que pouvez-vous conseiller à vos camarades étudiants ?

Jonathan Bofete : Je ne peux leur conseiller tous de faire comme moi. Mais ceux qui veulent faire quelque chose pour leur bien, ils ne doivent pas avoir honte. Quand on fait quelque chose pour soi, on ne doit pas avoir honte. Aussi, quand vous le faites pour aider aussi vos parents, Dieu ne manquera de vous bénir dans ce que vous faites. Car dit-on, « Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que des sottes gens. ».

1 Comment

  • Norbert Katembo 2 décembre 2022

    Brave homme, que Dieu vous bénisse

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