28 janvier 2023
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Kisangani : ANMDH dénonce l’arrestation arbitraire de Polydore Masudi

Disparu depuis près d’une semaine, plusieurs sources proches renseignent que Polydor Masudi, un jeune boyomais « leader d’opinion », est en détention à la prison centrale de Kisangani, pour une affaire qui lui opposerait à l’autorité exécutive provinciale de la Tshopo.

Tout a commencé aux lendemains de la sortie tardive du gouvernement Nikomba, soit 84 jours après son investiture, lorsque les critiques ont foisonné de tous bords, Polydor Masudi n’a pas manqué son mot.

Lui, n’a pas seulement critiqué la publication retardée du gouvernement, mais a dénoncé également via une discussion dans un forum WhatsApp, la mauvaise gouvernance de la province justifiée notamment, selon lui, par le non-paiement des agents de la Direction générale des Recettes de la province de la Tshopo (DGRPT) et le manque d’électricité dans la ville de Kisangani.

Mercredi 09 novembre 2022, aux environs de 10 heures, il serait d’abord arrêté par les agents de la Direction des renseignements et de sécurité, après avoir reçu un appel vidéo des agents du service de communication du gouvernorat, l’appel qui leur a permis de le localiser, comme indiquent ses proches, avant d’être transféré le samedi 12 novembre à la prison centrale.

La société civile et les ONG de défense de DH haussent le ton. Des lettres d’interpellation et de dénonciation se sont suivies les unes les autres le week-end dernier, toutes réclament la libération immédiate de ce leader d’opinion.

L’article 19 du Pacte international relatif aux Droits civils et politiques stipule : « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions ; Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. »

note la Coordination de l’ONG Les Amis de Nelson Mandela pour la défense des droits humains (ANMDH), qui rappelle dans un communiqué signé le 12 novembre 2022, à Kinshasa, que « le droit d’exprimer librement ses opinions est garanti en République Démocratique du Congo (article 23 de la Constitution) ».

Notre Etat fait partie des pays signataires des plusieurs instruments juridiques internationaux dont la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, la Charte africaine des Droits de l’Homme et des peuples, ainsi que le Pacte international relatif aux Droits Civils et Politiques et tant d’autres ; et à ce titre, notre pays a l’obligation de se conformer à ces engagements.

renchérit-elle dans cette lettre.

ANMDH estime, dans la même missive, que ce genre de comportements est inacceptable dans une jeune démocratie comme celle de la République démocratique du Congo et met en garde toutes ces personnes qui se mettent en marge de la loi pour menacer et intimider les paisibles citoyens, les lanceurs d’alertes, les activistes pro-démocratie et les défenseurs de Droits de l’Homme.

Elle dénonce par conséquent, cette pratique et rappelle que les autorités tant nationales que provinciales doivent veiller à ce que de telles violations des Droits humains prennent
immédiatement fin, tout en recommandant aux acteurs tant étatiques que provinciaux, de cesser toutes menaces et intimidations des paisibles citoyens, lanceurs d’alertes, activistes pro-démocratie et défenseurs de Droits de l’Homme ; de permettre un environnement propice pour la promotion et la protection des Droits de l’Homme, et, appelle enfin « les autorités provinciales de la Tshopo à la libération rapide et sans conditions de M. Polydore Masudi qui n’est pas ennemi de sa Province, ses libertés d’expression et d’opinion doivent être respectées.».

Il faut noter, d’après les informations à notre possession, Polydor Masudi est détenu sans procès à la prison centrale depuis le samedi 12 novembre, et son plaignant ni les raisons valables de sa détention ne sont connues jusque là.

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