10 décembre 2022
Ville de Kisangani, RD Congo
Securité

Des contre-offensives médiatiques entre Kinshasa et Kigali continuent de surgir

Face aux attaques multipliées des terroristes du M23 dans le territoire de Rutshuru la semaine dernière, le Gouvernement congolais a pris des résolutions ce samedi 29 octobre à la cité de l’Union Africaine, lors de la réunion élargie du Conseil supérieur de la Défense présidée par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, en sa qualité du Commandant suprême des Forces armées de la République démocratique du Congo et de la Police nationale congolaise.

La plus dure des décisions prises lors de cette séance sécuritaire, c’est « l’expulsion » de Vincent Karega, Ambassadeur plénipotentiaire du Rwanda en poste en République démocratique du Congo, dans les 48h après sa notification.

Et ce, selon le autorités congolaises dans un communiqué lu par le Porte-parole du Gouvernement, en raison de la persistance du Rwanda à agresser la RDC et à appuyer le mouvement terroriste du M23 ainsi que du mépris des autorités de Kigali vis-à-vis des processus de paix entrepris par les organisations de la sous-région et la communauté internationale, exigeant notamment la cessation d’activités de ce mouvement terroriste et tout appui extérieur à lui, son extrait sans délai ni condition des localités congolaises occupées et le retour immédiat des populations déplacées.

Une décision qui a ébranlé Kigali. Ce dimanche matin, le gouvernement rwandais accuse la RDC de l’escalade, attirant pour sa part « l’attention de la CI sur les discours de haine persistants, l’incitation publique et le harcèlement violent contre les communautés rwandaises et congolaises de langue kinyarwanda en RDC, tenus par des responsables congolais et le grand public », dans un communiqué tweeté par son ministère de communication.

La collusion continue entre les forces armées congolaises et les FDLR, et leurs tentatives de cibler la zone frontalière avec des armes lourdes, ainsi que la rhétorique belliqueuse anti-Rwanda diffusée par les responsables de la RDC, sont particulièrement préoccupantes.

affirme le Gouvernement rwandais dans ce communiqué.

S’agissant accusations faites par Kinshasa sur sa position dans les démarches diplomatiques, il dit de rester « déterminé à contribuer à une solution de sécurité régionale durable et pacifique dans les cadres régionaux convenus, notamment la Feuille de route de Luanda et le Processus de Nairobi »

Une mauvaise alerte de la part de Kinshasa

Au-delà des accusations que le Rwanda fustige, il renvoie également la responsabilité de la situation sécuritaire de la RDC au gouvernement Tshisekedi, qui est selon lui, l’aboutissement des échecs de sa gouvernance en matière de sécurité

Il est regrettable que le gouvernement de la RDC continue de prendre le Rwanda comme bouc émissaire pour dissimuler et détourner l’attention de ses propres échecs en matière de gouvernance et de sécurité

note la Porte-parole du Gouvernement, Yolande Makolo, dans ce communiqué.

Entre temps, Kinshasa justifie quant à elle son inaction aux attaques des forces négatives dont la résurgence des terroristes du M23 dans l’Est du pays, par le respect du droit international en priorisant le dialogue à la guerre.

Plusieurs fois, les Forces armées de la RDC ont fait des replis, en raison de la protection de la population, alors que l’ennemi gagne du terrain.

Après la prise de Bunagana depuis plus de trois mois, le M23 continue de gagner du terrain dans le Rutshuru, occupant depuis la semaine dernière les localités de Kiwandja et Rumangabo, occasionnant des milliers de déplacés, profitant du recul des FARDC et les forces onusiennes.

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