4 avril 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Santé

Tshopo : MSF dresse le bilan 2025 de ses interventions d’urgence et alerte sur les défis humanitaires

Au cours d’un café de presse tenu ce mardi 27 janvier 2026 à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, Médecins Sans Frontières (MSF) a présenté le bilan des activités 2025 de son unité de réponse aux urgences KERE, avec un accent particulier sur ses actions menées dans la province de la Tshopo.

Présente dans la Grande Orientale en général, et dans la Tshopo en particulier depuis 2018, l’unité KERE intervient dans des situations d’urgences médico-humanitaires. Dans la province de la Tshopo, le projet couvre 23 zones de santé, avec des activités axées sur la veille sanitaire, les missions exploratoires et les interventions rapides en cas d’épidémies, de catastrophes naturelles ou de déplacements forcés de populations.

Notre priorité absolue reste la même : continuer à répondre aux urgences et être aux côtés des populations qui en ont besoin, malgré les contraintes opérationnelles.

a déclaré Nicolas Guiral, coordonnateur de l’unité MSF basée à Kisangani, devant la presse

Une année marquée par la lutte contre le choléra et la méningite

Selon le bilan présenté, l’année 2025 a été marquée notamment par la lutte contre le choléra et la méningite. La province de la Tshopo a été fortement touchée par ces épidémies, auxquelles MSF a apporté un appui significatif en collaboration avec les autorités sanitaires.

Les chiffres font état de :

4 087 personnes prises en charge pour le choléra dans 13 zones de santé de la DPS Tshopo ; 18 025 personnes vaccinées contre le choléra dans les sites de déplacés, notamment à Kongakonga et Saint-Gabriel, dans la zone de santé de Makiso-Kisangani ; 7 cas suspects de méningite pris en charge dans la zone de santé de Banalia, avec un appui aux prélèvements, à l’acheminement des échantillons et à la dotation en kits de prise en charge.

MSF a également renforcé les capacités du personnel du ministère de la Santé à travers des formations sur la prise en charge du choléra, contribuant ainsi à une réponse plus efficace face aux flambées épidémiques.

Vaccination, préparation aux urgences et réponse WASH

Dans la province de la Tshopo, le projet KERE a aussi appuyé le Programme élargi de vaccination (PEV) de routine dans la zone de santé de Waniarukula, permettant de rattraper 4 963 enfants non ou insuffisamment vaccinés. Deux autres passages sont déjà prévus en 2026.

Face aux risques sécuritaires, MSF a travaillé sur la préparation à l’afflux massif de blessés à Kisangani. Trois structures hospitalières ont été identifiées, les hôpitaux généraux de Kabondo, Makiso et du Cinquantenaire, dont les équipes ont bénéficié de formations spécifiques, accompagnées de la mise à disposition de kits d’urgence.

Par ailleurs, entre octobre et décembre 2025, MSF a mené une réponse WASH dans les sites de déplacés de Kongakonga et Saint-Gabriel. Les actions ont porté sur la vidange et la construction de latrines, la gestion des déchets, l’aménagement des eaux usées, ainsi que la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, en étroite collaboration avec les communautés locales et les autorités religieuses.

Des défis persistants et un appel aux bailleurs

Malgré ces réalisations, MSF fait face à plusieurs défis majeurs, notamment l’enclavement des zones d’intervention, aggravé par la dégradation de l’état des routes, ce qui ralentit parfois la rapidité des réponses. Néanmoins, l’organisation réaffirme sa volonté de poursuivre une collaboration étroite avec les autorités, les communautés et les partenaires locaux.

S’adressant aux bailleurs et aux donateurs, Nicolas Guiral a lancé un appel clair :

MSF fonctionne principalement grâce aux donateurs privés. Dans un contexte de réduction des financements humanitaires, nous espérons que les bailleurs n’abandonneront pas les populations qui font face à des crises souvent oubliées.

À noter qu’une importante équipe de MSF a pris part à cette rencontre avec les professionnels des médias, notamment Linda Christelle, responsable médicale de l’unité d’urgence, et le Dr Christian Masudi, épidémiologiste au sein de la même unité. Tous ont répondu aux questions des journalistes dans un esprit d’échange et de transparence.

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