30 mai 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Sécurité

Ituri : au moins 25 agriculteurs massacrés lors d’une attaque des ADF

Au moins vingt-cinq agriculteurs ont été tués dans une attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF) dans une zone reculée du nord-est de la République démocratique du Congo. Les victimes travaillaient dans leurs champs malgré une interdiction décrétée par les autorités locales depuis 2022 pour des raisons de sécurité.

Les faits se sont déroulés dans la nuit de samedi à dimanche, près des villages d’Otmaber et de Bwanasula, dans le territoire d’Irumu, en province de l’Ituri. Selon des sources locales, des combattants des ADF ont pris pour cible des civils installés dans une zone forestière où ils cultivaient leurs terres.

« Toutes les victimes sont des agriculteurs qui se trouvaient dans leurs champs », a déclaré Léon Undemutau Manzaleke, responsable de la société civile de la chefferie des Walese-Vonkutu, entité administrative englobant les deux villages concernés. « Le bilan provisoire fait état de 25 morts », a-t-il précisé. Ces informations ont été confirmées par des sources sécuritaires et locales.

Une source humanitaire présente sur place a indiqué avoir constaté la présence de nombreux corps, dont ceux de femmes et d’hommes, certains retrouvés dans la brousse. Elle a également évoqué de grandes difficultés logistiques pour procéder à leur évacuation. Par ailleurs, plusieurs civils auraient été enlevés lors de l’attaque, selon Christophe Munyanderu, défenseur des droits humains dans le territoire d’Irumu.

Issu à l’origine de rebelles ougandais ayant prêté allégeance au groupe État islamique, le mouvement ADF est responsable de violences récurrentes dans l’est de la RDC, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Depuis 2021, l’armée ougandaise (UPDF) est déployée aux côtés des forces armées congolaises dans le cadre de l’opération conjointe « Shujaa », destinée à neutraliser les ADF. Malgré cette coopération militaire, les attaques contre les civils se poursuivent.

L’administrateur du territoire d’Irumu, Siro Simba, a rappelé que l’accès aux champs dans cette zone avait été formellement interdit depuis 2022. « Malheureusement, certains habitants continuent de s’y rendre pour cultiver ou récolter, notamment le cacao », a-t-il regretté, soulignant que des opérations militaires sont toujours en cours dans le secteur.

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