Dans une lettre manuscrite de 13 pages datée du 7 novembre, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, dénonce un « complot politique » au sommet de l’État et accuse des « réseaux politico-mafieux » d’avoir instrumentalisé les poursuites contre lui. Condamné le 2 septembre à trois ans de travaux forcés et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, il affirme que ces accusations ont été fabriquées pour le discréditer.
Mutamba décrit une détention qu’il qualifie d’arbitraire, privée de soins et de moyens de communication, et dénonce le « déploiement de plus de deux millions de dollars » dans les médias pour salir son image. Il rend toutefois hommage à la résistance des Congolais face à la corruption et appelle la jeunesse à s’inspirer des figures panafricaines comme Lumumba, Sankara ou Mandela.
La lettre pointe aussi le manque de solidarité au sein du gouvernement : selon Mutamba, certains collaborateurs du président Félix Tshisekedi protègent des responsables douteux et fabriquent des dossiers contre ceux qui les gênent. Tout en préservant le chef de l’État, qu’il dit « piégé par son entourage », il réclame une réforme profonde du système judiciaire pour qu’il cesse d’être un instrument d’oppression et redevienne un pilier de l’État de droit.
