10 décembre 2022
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Kisangani – violences bassées sur le genre : comment s’y prendre ?

C’est au cours d’une conférence débat tenue ce vendredi 15 octobre à l’Espace Américain, que les deux structures Young African Leaders (YALI) et la Jeunesse Consciente du Congo (JCC), ont réfléchi avec les jeunes filles, sur les questions liées aux Violences Basées sur le Genre (VBG).

Il était question, dans cette conférence, de sensibiliser les femmes sur les abus qu’elles subissent ou qu’elles peuvent subir dans la société, et leur montrer comment s’y prendre.

Justin Basumukangi, coordinateur de JCC, et le premier conférencier, dans ses mots, a martelé que les violences bassées sur le genre sont devenues aujourd’hui un fléau qui gangrène la société actuelle. Les VGB se vivent partout. Bien que ce sont plus les femmes qui en sont plus exposées de part leur nature inférieure à l’homme et leur situation de dépendre économiquement des hommes, les violences bassées sur le genre ne concernent pas seulement les femmes, les hommes également peuvent en subir.

Les conséquences des VGB

Le conférencier a souligné que les VGB exposent la femme à plusieurs dangers, à la fois sur sa santé physique, et mentale. Les coups et blessures, les traumatismes, et tant des maux qui peuvent conduire la femme à la mort.

Comment éradiquer les VGB ?

Pour lutter contre les VGB, la dénonciation de l’auteur de violences à la police ou dans une instance judiciaire, est un moyen efficace pour lutter contre les violences bassées sur le genre, plus la victime se tait, plus elle est exposée.

Les bases juridiques des Violences bassées sur le genres

Le deuxième intervenant, Maître Éric Lososo, dans son exposé, a parlé du cadre juridique approprié sur les VBG. Il a fait savoir aux participants que les textes juridiques répriment toutes sortes de violences bassées sur le genre et cela à tous les niveaux : en international, en Afrique et en RDC. Pour cette dernière, l’article 15 du code pénal congolais, en est l’exemple typique.

À la fin de cette conférence, des recommandations ont été formulées à l’endroit de la jeune fille, notamment sur le fait qu’elle ne doit pas se sous-estimer, elle doit toujours travailler pour son indépendance.

Signalons que cette activité a été organisée en marge de la célébration de la journée internationale de la jeune fille, célébrée le 11 Octobre de chaque année.

HOPE YAFUNGA

1 Comment

  • ngwaneeligui 24 octobre 2021

    Votre article aurait pu être un formidable résume sur les VBG mais il reste malheureusement bien trop superficiel.

    Les VBG ne gangrènent pas que la société actuelle. Elles ont toujours existé, c’est juste qu’aujourd’hui elles sont moins tolérées que par le passé par les femmes, et c’est tant mieux. Quel bonheur si le futur de tout-e un chacun rime enfin avec liberté et autodétermination !

    D’aucun-e-s arguent que les VBG résulte du fait que les femmes sont inférieures à l’homme. Je ne sais pas trop ce que c’est qu’une nature inférieure à l’homme ? C’est comme si on disait qu’un homme noir était inférieur à un homme arabe lui même inférieur à un homme blanc… Cocasse, non ? Et surtout faux et discriminatoire. Par ailleurs, s’il s’agit de force physique, les hommes sont en effet statistiquement plus forts que les femmes, même si on en voit peu capables de tourner du foutou, mais bon passons ce détail. Et alors ? Bien des hommes, bien des femmes, sont meilleur-e-s que d’autre dans tel ou tel domaine, est-ce que ça en fait pour autant un critère d’infériorité, de hiérarchisation ? N’est-ce pas là juste un argument paresseux et bien malheureux pour justifier un privilège dont on a du mal à se défaire, pour justifier le côté crasse de notre action, voir de notre inaction ?

    Certain-e-s s’empressent à rappeler que les VBG s’abattent tant sur les hommes que sur les femmes. Si cette assertion est vraie, il ne faut pas oublier que malgré tout, nos amis à phallus restent largement bénéficiaires du patriarcat. Et ce dans tous les aspects de leur vie. Ils ont plus de paix, plus de confort, plus de temps et plus de fric. Ils ont plus de tout ce qui est bon et bien, et parfois cela provient de l’inconfort des femmes. Il n’est donc pas possible, à moins de faire preuve d’une mauvaise foi nauséabonde, de mettre sur un pied d’égalité la lutte contre les VBG à l’encontre des femmes et celle contre les VBG à l’encontre des hommes. Même si la dernière reste tout de même sensée et nécessaire.

    Quant aux conséquences des VBG, elles ne sont pas que physiques et pouvant causer la mort des femmes. Mort qui est souvent le principal étendard brandi pour faire réagir sur ce sujet. Les VBG ce ne sont pas seulement les violences conjugales. J’en parle d’ailleurs dans mon blog et j’explique pourquoi il faut cesser de demander bêtement aux femmes de partir et ce qu’il faudrait vraiment mettre en place pour que ces actes cessent d’exister un jour. Les VBG ne sont pas seulement le harcèlement de rue ou encore le viol qu’il soit dans la rue, incestueux ou pédophile. Souvent d’ailleurs justifié par des arguments aussi moisis les uns que les autres, et à base de culpabilisation de la victime : alcoolisation, drogue, vêtements, maturité… Si mort il peut y avoir, celle-ci peut être sociale, psychologique. Les VBG ne sont pas seulement les mutilations sexuelles, fléau contre lequel il faut se battre avec la dernière des énergies.

    Les VBG commence dès la grossesse avec les réactions de l’entourage. C’est une fille ? C’est bien ça ! C’est un garçon ? C’est très bien ça ! Quelle chance. Dès la grossesse, on attribue une valeur différente aux enfants, valeur qui va conditionner leur éducation et leurs opportunités dans la société.

    Les VBG, c’est le traitement différencié des bébés. Le bébé garçon qu’on trouve fort, énergique, dont on prend au sérieux les pleurs, dont on trouve que quand il pleure c’est parce qu’il s’exprime, c’est parce que c’est bien un garçon. Le bébé garçon avec qui on joue à des jeux de constructions, avec qui on occupe l’espace. Toujours plus d’espace, toujours plus de bruit. Le bébé fille qu’on trouve mignonne, avec une joli robe, de joli yeux, et tout un vocabulaire qui relève du mignon et du petit. Le bébé fille à qui l’on parle avec une octave plus haut, dont on ne prend pas les pleurs au sérieux, qu’on trouve capricieuse. Avec qui on joue à des jeux calme, des jeux de chuchotements, des jeux où on leur apprend subrepticement à prendre le moins de place possible. Un traitement différencié des bébés qui induit de facto des développements cognitifs différents, différences qui seront ensuite érigées en arguments essentialisant.

    Les VBG c’est l’éducation différenciée des enfants de la maternelle à l’université. C’est les rayons de jeux pour filles et pour garçons. Des jeux où les garçons sont incités à rêver à conquérir le monde quand les filles sont incités à se cantonner à la sphère domestique ou du care. C’est les couleurs pour filles et pour garçons. Avec l’enseignement, jour après jour, de la dévalorisation de tout ce qui est dit féminin. C’est le fait que les garçons occupent le centre des cours de récré et que les filles soient reléguées en périphérie. C’est une forte exigence vis à vis des filles qui se retrouvent à surperformer à l’école quand l’échec des garçons est plus toléré, de même que leurs frasques scolaires. C’est des garçons, il faut bien qu’il se dépensent. C’est le fait que les filles doivent accomplir déjà jeunes des doubles journées, faire les travaux de la maison et assurer à l’école, quand les garçons sont déjà installés dans la vie de pacha qui sera la leur. C’est le fait que en proportion, les familles sont moins enclines à inscrire leur fille à l’école et plus encline à lui faire arrêter ses études à la moindre occasion.

    Les VBG, c’est le fait que malgré le fait qu’elles réussissent en règle générale, mieux leurs études que les garçons, les jeunes filles ne se sentent pas légitimes dans les professions scientifiques ou à fortes exigeantes, quand les garçons pourtant plus dissipés et moins doués s’y engouffrent sans appréhensions.

    Les VBG c’est le fait qu’à diplôme égal, les femmes sont moins embauchées que les hommes et plus souvent sujettes à des propositions indécentes pour être acceptées à un poste. A compétences égales, elles sont moins rémunérées que les hommes, moins promues également. Au sein des ménages, elles doivent se taper des doubles journées, qui handicapent considérablement leur possibilité d’ascensions professionnelles et les contraint à vivre sous le joug d’un mari ou d’un homme qui a plus d’opportunités qu’elles et qui a donc une meilleure assise financière. Si elles ne font pas d’enfants, elles sont malmenées par les familles et l’entourage sans que jamais ne soit posé la question de l’infidélité de l’époux.

    Les VBG ce sont les femmes entrepreneuses qui réussissent moins à lever des fonds et donc les entreprises survivent moins. Les VBG, c’est la difficulté pour une femme de divorcer ou de maintenir son niveau de vie après son divorce, parce qu’elle est dans l’incapacité, discriminations professionnelles oblige, de se payer, à elle et à ses éventuels enfants, un logement, de la nourriture, des vêtements et des loisirs, à hauteur de ce qui était possible quand elle était encore mariée.

    Les VBG, c’est la difficulté pour une fille de prétendre à l’héritage de son père. Soit parce ce dernier a légué tout ce qui avait de la valeur à ses fils, soit parce qu’elle est dans l’incapacité de racheter la part de ses frères. C’est également la difficulté pour une femme de prétendre à l’héritage de son mari. Idem soit parce que la loi ne lui laisse que peu de droits, soit parce, même lorsqu’il y a une loi, celle-ci est contournée par les ogres de la famille du défunt qui profitent de l’incapacité matérielle et financière de la veuve à défendre ses intérêts. Et ça, c’est sans compter les rites de veuvage plus ou moins atroces. C’est une retraite plus petite parce qu’amputée de l’investissement professionnel qu’elle n’a pas pu fournir.

    Les VBG c’est la douleur des femmes qui ne sont pas pris au sérieux par les professionnel-le-s de la santé et donc des prises en charge tardives ou inadaptées. C’est la parole des femmes dépréciées dans tous leurs lieux de vie : familiaux, amicaux, professionnels. Elles sont non considérées ou traitées d’hystériques. Les VBG, ce sont les injonctions diverses sur le corps des femmes (poids, maquillage, habillement, etc) et sur leur savoir-être (ne pas parler fort, ne pas boire, ne pas avoir une vie sexuelle débridée, etc).

    C’est tout ça les VBG ! Elle irrigue 24h/24 de la vie de toutes les femmes, au profit des hommes, qui si ils subissent les affres de la masculinité toxique, profitent largement de femmes écrasées sous des injonctions faites pour qu’ils parviennent à la jouissance à tout instant.

    Pour en finir avec les VBG, la dénonciation c’est bien, mais cela ne suffit pas. D’autant plus que toutes les VBG ne se prouvent pas facilement. Il faudrait encore que la justice prenne au sérieux les cas qui lui parviennent. Nos forces de l’ordre sont clairement à remettre en question. Leur accueil des victimes ne se résume qu’à de la moquerie, à la de la culpabilisation ou à de la minimisation. A quoi cela sert-il de solliciter une justice qui nous rit au nez. La conséquence ? Les femmes préfèrent finalement se taire.

    Et quand les femmes décident de parler, quel accueil dans nos sociétés ? Les réactions ne sont que prise de défense des bourreaux qui gagnent en prestige et à qui on donne des places de choix dans nos entreprises et nos cercles familiaux et amicaux.

    Et quand bien même la société prêterait enfin l’oreille à ces cas, la justice est un processus long et beaucoup de temps pour les femmes victimes, sans compter que les VBG constituent de vraies pertes de chances et de temps durant toute la vie d’une femme, et parfois des traumatismes incroyablement long à réparer.

    La solution impactante se trouve donc dans la prévention, dans le changement de paradigme. Une éducation indifférencié dès l’enfance. Des pères responsables et impliqués dès les premiers instants, non seulement pour faire figure de contre-exemples mais aussi pour palier les inégalités professionnelles. Une remise en question de la masculinité toxique avec ce besoin d’avoir quelqu’un à son service pour se sentir exister. Et lâcher la grappe au corps des femmes !

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