1 décembre 2022
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Kisangani : l’essence ingérable, le taxi non-négociable

Depuis plusieurs mois, la problématique de la pénurie du carburant est devenue un vrai casse tête à Kisangani. Entre grèves de pétroliers et hausse de prix, les boyomais ont appris à s’adapter à une vie sans essence ni transport. Ce mardi 10 mai 2022, la situation semble bien pire.

Le mardi 15 avril dernier, 3 camions citernes en direction Kisangani étaient attaqués et incendiés par un groupe rebelle sur la route nationale numéro 4, avec au passage des pertes en vies humaines signalées. Les retombées de cet acte criminel s’étaient faites sentir dans la foulée à Boyoma, lorsque les pétroliers détenteurs de stations services décidèrent d’observer 2 jours de deuil, retroussant leurs pompes, pour le plus grand malheur de leurs clients, dont la majorité est composée de motards, qui, pour leur part, avaient « logiquement » haussé le prix de chaque course.

Visiblement, la situation qui semblait redevenir normale n’était qu’un « calme avant la tempête ». En effet, certes des stations, bien que pas toutes, sont ouvertes en ville, les chiffres laissent à désirer, cependant. Alors que depuis quelques jours, ces stations ne travaillent plus dans leur rythme habituel, elles fixent le prix d’un litre d’essence à la pompe à 6500 Francs congolais pour les unes, voir à 7000 Francs congolais pour les autres.

Étant donné que dans ce secteur des mêmes causes produisent toujours des mêmes effets, les motards qui peinent à remplir leurs réservoirs, passent à la vitesse supérieure : plus aucune course de 500 Francs congolais, celles acceptées pour 1000 Francs sont liées à quelques mètres. La distance ne compte plus, tout part de 1500 et ne se négocie pas.

Une ambiance inhabituelle règne dans les rues de Kisangani ce mardi. Les grands artères sont quasiment vides, on y trouve plus des piétons que d’habitudes. Les stations encore ouvertes sont inondées, les files d’attente vont des pompes aux rues voisines. Pendant que les pétroliers ne savent plus gérer leurs stocks, la population ne sait plus négocier le prix du transport. Aussi, faut-il le dire, les signaux ne sont pas au vert pour une éventuelle solution.

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