4 avril 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Economie

Kisangani : le professeur Janvier Egudra analyse la chute du dollar et alerte sur les risques pour les consommateurs

Janvier Egudra, doyen de la faculté des sciences économiques, option économie financière, monétaire et internationale à l’Université de Kisangani, a fait le point sur l’évolution du taux de change du dollar américain lors d’une interview accordée à Kaba Lisolo ce mercredi 1ᵉʳ octobre 2025, dans son cabinet de travail.

Depuis le début de la semaine dernière, le dollar a enregistré une baisse notable sur l’ensemble du territoire national. Alors qu’il s’échangeait à plus de 2 800 FC, il se négocie désormais autour de 2 650 FC, voire 2 600 FC dans certains endroits.

Pour stabiliser ce taux, l’économiste recommande au gouvernement congolais de mettre en place des politiques économiques, en particulier monétaires, réfléchies et adaptées.

Il y a quelques semaines, le gouvernement, via la Banque centrale, a injecté plus de 50 millions de dollars. L’objectif était de juguler la pression sur le franc congolais. Si cette évolution est une conséquence de cette mesure, il convient désormais d’accompagner ce début de réaction par des mesures d’encadrement des devises. Il faut éviter des dépenses en dollars et des sorties injustifiées.

a-t-il expliqué

Cependant, malgré cette baisse du taux de change, les prix des biens de consommation sur le marché n’ont pas diminué. Selon le professeur Egudra, cette situation s’explique par le fait que l’appréciation actuelle du franc congolais n’est pas soutenue par une logique économique solide, mais plutôt par des injections ponctuelles de devises et un blocage des flux financiers.

Lorsqu’on bloque les francs congolais, ils deviennent rares et logiquement, ils s’apprécient. Mais comme la production n’a pas augmenté, les commerçants spéculent. Ainsi, même si le dollar perd de la valeur face au franc, les prix ne baissent pas, voire augmentent. La principale victime reste malheureusement le consommateur.

a-t-il averti

En conclusion, l’économiste rappelle que, faute de production locale suffisante, la RDC doit compenser son déficit par les importations, ce qui maintient une pression constante sur l’économie nationale.

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