10 avril 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Kisangani : la mode bousculée par le bouclage ?

Depuis quelques jours, les éléments de la Police Nationale Congolaise ont fait de groupes des bandits leur cible. Des jeunes garçons sont traqués, puis envoyés derrière les verrous. Parmi les indices utilisés par la Police pour les identifier, on retrouve l’aspect physique, avec notamment des coiffeurs complexes, mais aussi, des tatouages sur les corps.

Depuis le début de cette opération de bouclage, il s’observe à Kisangani, une sorte de disparition de coiffures compliquées et de tatouages chez certains jeunes garçons. Ces malfrats, pour échapper au filet de la police, ont visiblement décidé de se passer de ce qu’ils appellent la mode, (crête, teinture, tatouages), pour se sécuriser.

Cependant, si cette situation aide la ville à retrouver petit à petit sa sécurité d’une part, d’autre part, cela handicape certains commerces. C’est le cas des salons de coiffure, par exemple. En effet, pour certains coiffeurs, c’est une perte, car, disent-ils, ce sont les coiffures compliquées qui paient mieux que celles qui sont considérées comme responsables.

Cette affaire touche vraiment notre travail.

Se plaint un coiffeur.

On arrête les jeunes garçons qui ont beaucoup des cheveux, et qui se sont coiffés comme des stars, c’est pourquoi je suis venu me faire coiffer pour ne pas tomber dans le filet de la police.

a déclaré un jeune boyomais.

Bonne ou mauvaise stratégie de la police ?

Pour certains Boyomais, c’est une mauvaise méthode que la police utilise pour identifier les délinquants de la ville, car en faisant cela, ils arrêtent beaucoup d’innocents.

Je suis judoka, je suis déjà une star et donc je dois me faire coiffer comme tel, mais je suis mal alaise, les policiers viennent jusqu’au dojo nous traquer, c’est anormal.

dit un athlète.

Pendant ce temps, une bonne partie de la population se satisfait de ce que fait la police. L’habit ne fait pas le moine dit-on, mais c’est un signe distinctif de moine, car on reconnaît un moine par son habit. Un habitant de la commune Makiso rencontrée par notre rédaction s’est appuyé sur cette sagesse pour dire que la manière de procéder de la police n’est pas mauvaise.

On reconnaît ces malfrats à travers leurs coiffures et tatouages. Ce sont des voyous, on doit les arrêter pour que nous soyons en paix.

S’exclame ce vieux papa.

Pour rappel, plus de 180 personnes ont interpellées par les services de sécurité dans la nuit de lundi au mardi 10 août à Kisangani lors d’un bouclage, avant d’être présentées devant la justice le mercredi 11 août.

CÉLESTIN BOTOLEANDE

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