30 mai 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Kisangani : une journée pour réveiller la conscience citoyenne autour de l’héritage de Simon Kimbangu

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À l’occasion de la journée dédiée au combat de Simon Kimbangu, la Fondation Aimer Teza, en collaboration avec le laboratoire de philosophie du droit, de l’éducation et du numérique de l’Université de Kisangani, a organisé une journée de réflexion citoyenne ce lundi 6 avril.

L’activité s’est tenue à l’espace Aimer Teza, situé à proximité de l’aéroport Bangoka, dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. Elle a réuni des enseignants d’université, des chercheurs, des professionnels de l’éducation (primaire, secondaire et humanités), des membres de la fondation ainsi que plusieurs invités.

Une thématique centrée sur la conscience citoyenne

Placée sous le thème principal « La conscience citoyenne et le combat de Papa Simon Kimbangu en RDC », la rencontre a permis d’aborder plusieurs sous-thèmes majeurs liés à l’identité africaine, à l’engagement citoyen et au développement social.

Intervenant sur le sous-thème « La Fondation Aimer Teza au firmament de la conscience africaine et du vivre-ensemble : enjeux ou hors-jeu du jeu », le professeur et philosophe Grisor-Trésor Kakumbi a souligné que cette initiative s’inscrit dans une dynamique de conscientisation collective.

Selon lui, la Fondation repose sur plusieurs piliers essentiels : la prise de conscience individuelle et collective, l’autonomisation des citoyens, la valorisation des cultures africaines, ainsi que la promotion de la paix et du développement durable. Elle met également en avant les valeurs communautaires traditionnelles et s’inspire du travail collectif, notamment à travers l’héritage du kimbanguisme.

Déconstruction du regard eurocentrique

Le professeur Charles Mombaya, surnommé « Ya Yesu », a quant à lui développé le thème de la déconstruction du regard eurocentrique sur la civilisation africaine.

Pour lui, il est impératif pour les Africains de se redéfinir eux-mêmes :

Déconstruire n’est pas détruire, mais reconquérir la capacité de se définir soi-même.

Les intervenants ont ainsi insisté sur la nécessité de revaloriser les savoirs africains et de dépasser les jugements hérités d’une vision extérieure.

Le leadership féminin au cœur des échanges

La question du leadership féminin a également occupé une place importante lors de cette journée. La professeure Philomène, du département des lettres et civilisation anglaise, a encouragé les femmes à faire preuve de courage et de responsabilité.

Elle a insisté sur la nécessité de surmonter la peur et la honte, affirmant que les femmes sont pleinement capables d’assumer des rôles de leadership.

Les discussions ont mis en lumière :

les défis auxquels font face les femmes leaders ; l’importance de l’éducation dans leur autonomisation ; le rôle des femmes dans la transformation sociale.

Une femme autonome n’est pas une charge, mais une source de production et de transformation sociale.

Au-delà des communications scientifiques, des moments d’hommage ont également marqué cette rencontre. La karatéka Rebecca Limbaya a présenté des démonstrations de kata, invitant les femmes à s’engager dans les disciplines sportives.

Un message toujours actuel

Les organisateurs ont rappelé que cette activité s’inscrivait dans la commémoration du combat de Simon Kimbangu, figure emblématique de la résistance spirituelle et identitaire en République démocratique du Congo.

Son message, fondé sur le travail, la discipline, l’unité et la foi, demeure une source d’inspiration pour la société congolaise contemporaine. Les intervenants ont également souligné que le kimbanguisme incarne la force du travail collectif, notamment à travers la pratique du salongo et de l’organisation communautaire.

Les différents intervenants, parmi lesquels Nicolas Mombaya, Jeanot, Grisor-Trésor Kakumbi, ainsi que plusieurs figures féminines telles que Maman Philomène, Maman Ngaliya et Maman Francine, ont lancé un appel fort à : la prise de conscience collective ; l’unité face aux divisions héritées du passé.

Ils ont dénoncé les stratégies historiques de division, rappelant que l’unité, le travail et la conscience citoyenne constituent les fondements du développement.

À travers cette initiative, la Fondation Aimer Teza réaffirme son engagement à éveiller les consciences, promouvoir les valeurs africaines et encourager une citoyenneté active et responsable.

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