30 mai 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Kisangani : Enabel et l’Université de Gand misent sur le cacao de la Tshopo

La capitale de la province de la Tshopo, Kisangani, a abrité pendant deux jours, du jeudi 27 au vendredi 28 novembre, un atelier de restitution des résultats partiels de recherche dans le cadre de l’Accord spécifique de coopération (ASC) relatif à la redynamisation de la chaîne de valeur du cacao en République démocratique du Congo.

Cet atelier a été organisé avec l’appui de l’Agence belge de coopération internationale (Enabel) Tshopo, de l’Université de Gand (Belgique) et du Programme de soutien à la mise en valeur durable des zones de savanes et de forêts dégradées.

Placée sous l’égide du projet Agriculture familiale et entrepreneuriat agricole et rural (AFE), financé par le Royaume de Belgique, cette activité s’inscrit dans la vision d’Enabel de promouvoir une agriculture durable, compétitive et génératrice de revenus pour les communautés locales. Le projet est mis en œuvre dans les territoires d’Isangi et d’Opala, avec un accent particulier sur le renforcement des capacités des exploitations familiales, la professionnalisation des producteurs et la valorisation des chaînes de valeur, dont le cacao constitue un pilier stratégique.

Les différentes allocutions, en présence des parties prenantes, ont mis en lumière l’importance de l’accompagnement scientifique dans la transformation structurelle du secteur agricole congolais, particulièrement dans la province de la Tshopo.

Selon Alain Afio Codjo, chef du projet Agriculture familiale et entrepreneuriat agricole et rural (AFE) :

L’accord avec l’Université de Gand a été signé pour une durée de trois ans et demi et a démarré en novembre 2023. Aujourd’hui, cela fait près de deux ans de mise en œuvre. L’objectif général est d’identifier des cultivateurs de cacao performants, produisant un cacao à profil aromatique recherché sur le marché international.

Quatre objectifs spécifiques sont poursuivis, notamment l’identification de trois cultivateurs d’excellence, l’élaboration d’itinéraires techniques de production durable, l’amélioration des circuits de commercialisation et l’accompagnement des producteurs dans l’application des résultats de la recherche.

Il a également précisé les perspectives du projet : la diffusion des techniques de production durable et de fermentation à travers les champs-écoles paysans, l’élaboration d’un modèle et d’un plan d’affaires basés sur les résultats obtenus, ainsi que le financement d’au moins un entrepreneur local pour la production de chocolat et d’autres produits dérivés du cacao « made in Tshopo ». Le projet couvre 25 villages, dont 19 à Isangi et 6 à Opala.

De son côté, le professeur, docteur et ingénieur de l’Université de Gand, Koen Dewettinck, a souligné l’apport scientifique de son institution et les résultats concrets attendus pour la population :

Produire un chocolat de haute qualité est un processus complexe qui exige rigueur, maîtrise technique et choix judicieux des génotypes. La RDC dispose d’un potentiel exceptionnel pour produire un cacao de fine saveur, à condition d’investir dans la qualité, la formation des producteurs et la transformation locale. La hausse du prix du cacao sur le marché mondial, atteignant près de 6 000 euros la tonne, constitue une opportunité unique pour la RDC.

Il a plaidé pour une stratégie nationale axée sur la transformation locale, afin de créer de la valeur ajoutée, des emplois et des revenus durables :

Il ne s’agit pas seulement d’exporter la matière première, mais de produire ici, en RDC, un chocolat de qualité pour les marchés local et international. J’appelle à un choix stratégique des génotypes et à une montée en compétences des producteurs et transformateurs.

Le moment fort de la cérémonie a été marqué par une dégustation de cacao produit dans la Tshopo, valorisant le savoir-faire local.

À travers cet atelier, Enabel a réaffirmé son engagement en faveur d’une agriculture congolaise moderne, résiliente et compétitive. La première journée a ainsi posé les jalons d’une synergie prometteuse entre recherche scientifique, politiques publiques et acteurs locaux, avec le cacao comme levier stratégique du développement économique et social de la province de la Tshopo.

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