Les jeunes des quartiers Ségama et Limbi, communément appelés Matete dans la commune de Mangobo, l’une des six communes de la ville de Kisangani, ont exprimé leur profonde frustration face à la persistance du délestage électrique dans leur zone, malgré la présence de la centrale hydroélectrique de la Tshopo.
Réunis devant le président de l’Assemblée provinciale le vendredi 28 novembre, ces jeunes ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’injustice flagrante. Selon eux, depuis la construction de la centrale, Matete n’a jamais bénéficié de l’électricité qu’elle produit, alors que cette infrastructure est censée alimenter toute la ville.
Privés d’un droit fondamental garanti par la Constitution, l’accès à l’énergie, les habitants de Matete vivent dans une insécurité croissante. Le manque d’éclairage favoriserait, selon leur déclaration, les actes de criminalité, les troubles sociaux, les violences et même des cas de viols.
Si la SNEL alimentait réellement les ménages de Matete via la centrale de la Tshopo, tous ces méfaits seraient considérablement réduits.
ont affirmé les manifestants
Les jeunes rappellent également qu’un transformateur avait été attribué à leur quartier, mais qu’il reste à ce jour non opérationnel. Ils s’interrogent de plus sur l’utilisation d’une somme de 9 millions que la SNEL aurait reçue de l’organisation FRIVAO pour la réhabilitation de la centrale et l’extension du réseau électrique.
Où est passé cet argent ? Pourquoi Matete reste-t-il dans le noir ? Aujourd’hui, le groupe numéro 1 fonctionne, mais Matete n’en bénéficie toujours pas.
s’indignent-ils, tout en accusant certains députés provinciaux de passivité malgré leur connaissance de la situation
Tout en saluant l’implication d’Enabel dans la réhabilitation de la centrale, les jeunes de Mangobo appellent les élus à une vigilance accrue quant au suivi de l’utilisation des fonds publics. Ils exhortent les autorités à inscrire l’électrification de Matete dans le budget provincial.
Recevant leur mémorandum, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga, a lancé un appel à la responsabilité citoyenne :
Vous reconnaissez vous-mêmes que des pratiques illégales persistent, notamment le vol de courant, le vol de câbles et le refus de payer les factures.
Nous devons changer nos habitudes pour permettre à la SNEL de fonctionner durablement
L’élu provincial a assuré qu’il veillera à ce que la situation de Matete soit prise en compte dans le budget 2026.
Les jeunes de Mangobo concluent leur message en mettant les autorités devant leurs responsabilités :
Nous vous prenons à témoin, chers élus. Ce que vit la population de Matete est grave. Notre réaction aujourd’hui peut sauver des vies humaines.



