4 avril 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Justice Société

Kisangani – Affaire Jedidia Mabela : l’AJDDH dénonce une justice instrumentalisée

L’Action pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) s’est exprimée sur l’arrestation de Jedidia Mabela, militant du mouvement citoyen LUCHA et directeur exécutif de l’organisation. La réaction est intervenue lors d’un point de presse tenu ce jeudi 9 octobre à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, sous la direction de Jacques Issongo Mfutu, directeur exécutif intérimaire de l’AJDDH, dépêché depuis Kinshasa pour suivre de près cette affaire.

Condamné à six mois de prison et à une amende de 1,5 million de francs congolais, Jedidia Mabela est poursuivi pour avoir commenté des informations relayées par certains médias en ligne et lu un mémorandum devant l’Assemblée provinciale. L’AJDDH dénonce plusieurs irrégularités dans la procédure judiciaire.

Selon l’organisation, le dossier a été marqué par une instruction incomplète, l’absence de confrontation entre l’accusé et la partie civile, un mandat d’amener délivré sans convocation préalable, ainsi qu’une procédure de flagrance appliquée abusivement, sans motif valable. L’AJDDH évoque également l’absence de publicité des débats, compromettant la transparence du procès, et dénonce des pressions extérieures exercées sur les juges, tandis que la partie plaignante aurait annoncé la condamnation avant même le verdict.

Face à ces éléments, l’AJDDH estime que cette affaire traduit une instrumentalisation de la justice à des fins de répression politique, en violation du droit à un procès équitable garanti par la Constitution.

Même si la justice doit être corrompue, elle ne peut pas exagérer. La condamnation de Jedidia à l’appel est impossible.

a déclaré Jacques Issongo Mfutu

L’organisation qualifie donc cette condamnation d’arbitraire et politiquement motivée, et annonce avoir interjeté appel afin que le dossier soit réexaminé dans le respect des droits de la défense et des principes d’un procès équitable.

L’AJDDH appelle par ailleurs les autorités judiciaires à protéger les juges contre toute influence extérieure et à garantir la sécurité de l’accusé ainsi que de ses avocats. Elle condamne également les violences commises contre les manifestants qui réclamaient la libération de Jedidia Mabela lors d’une marche pacifique organisée le 8 octobre dernier, et exige l’ouverture d’une enquête pour identifier les responsables et assurer la protection des défenseurs des droits humains à Kisangani.

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