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11 septembre 2026
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RN4 – Entre tracasseries, solidarité et insécurité : le miroir d’une route stratégique (Reportage)

La Route Nationale 4 (RN4) constitue un axe vital reliant plusieurs provinces de l’est de la République démocratique du Congo, notamment la province de la Tshopo à celles de l’Ituri et du Nord-Kivu. Pourtant, cette route reflète aujourd’hui les réalités quotidiennes vécues par les voyageurs, chauffeurs et populations riveraines. Quatre grandes dynamiques s’y imposent : la multiplication des barrières de contrôle, le mauvais état de la route, une solidarité persistante entre usagers, et une insécurité préoccupante.

Les barrières de contrôle : une taxe informelle à 1000 FC

Sur la RN4, particulièrement dans la province de la Tshopo, les barrières de contrôle se multiplient. À presque chaque poste, les passagers doivent s’acquitter d’environ 1000 FC, tandis que les chauffeurs paient souvent des montants distincts.

Officiellement, ces contrôles sont justifiés par des vérifications sécuritaires ou administratives. Dans la pratique, ce paiement est devenu une sorte d’obligation tacite. La carte d’électeur est exigée presque partout, et sans ce document, le passage devient difficile, voire impossible. Dans certains cas, elle est même retenue jusqu’au paiement de la somme demandée.

Plusieurs points illustrent cette réalité : PK13, PK17, PK23, PK122, PK147, ainsi que plusieurs barrières à Bafwasende.

La population dénonce régulièrement les tracasseries, notamment au niveau de certains postes de contrôle et du pont bascule, accusés de créer des abus. Des voyageurs affirment que femmes et enfants ne sont pas épargnés. Certains témoignages font état de menaces proférées par des agents censés assurer la sécurité.

Un passager résume ainsi la situation :

Depuis qu’on a commencé à payer 1000 FC à chaque barrière, cela fait énormément d’argent au total. Quand tu dis que tu n’as plus rien, ta carte d’électeur est prise en otage. Ici, on nous interdit parfois de passer alors que l’argent a déjà été payé. Et quand tu réclames, on te menace. Dites à l’autorité de discipliner ses agents.

Dans certaines zones de l’Ituri, la situation semble légèrement différente. À Niania, par exemple, l’entrée et la sortie se font sans paiement, tandis qu’à Epulu, seul un contrôle de documents est effectué sans frais. Malgré cela, les voyageurs estiment que les tracasseries restent plus fréquentes dans la Tshopo.

Une route difficilement praticable

L’état de la RN4 demeure préoccupant sur plusieurs tronçons, surtout dans la Tshopo. Les travaux d’asphaltage ne couvrent qu’une portion limitée, estimée à moins de 40 km au départ de Kisangani.

Les bourbiers ralentissent fortement la circulation. À certains endroits, de longues files de véhicules se forment, tandis que camions et bus restent bloqués pendant des heures.

Vers le PK150, plusieurs véhicules se sont retrouvés immobilisés dans la boue. Des engins venus du PK147 ont dû intervenir tôt le matin pour dégager la route et rétablir la circulation, une action saluée par les usagers, soulagés de pouvoir reprendre leur voyage.

Dans plusieurs localités, des habitants profitent aussi de ces difficultés pour proposer leur aide en échange de quelques revenus, transformant ainsi une contrainte en moyen de subsistance.

La solidarité entre voyageurs, un pilier essentiel

Malgré les difficultés, la RN4 est aussi le théâtre d’une forte solidarité entre usagers. Chauffeurs, convoyeurs et passagers s’entraident régulièrement face aux pannes ou aux véhicules embourbés.

Lorsqu’un camion est bloqué, les autres conducteurs n’hésitent pas à descendre pour pousser, creuser ou trouver des solutions collectives. Cette entraide devient souvent indispensable pour permettre la poursuite du voyage.

Cependant, cette solidarité tend à s’éroder dans certaines zones, remplacée progressivement par des logiques de survie économique. Même des services autrefois gratuits, comme l’accès à l’eau, peuvent désormais être payants.

Une insécurité persistante qui vide les villages

Au-delà des problèmes de tracasseries et d’infrastructures, l’insécurité reste une préoccupation majeure sur la RN4, surtout dans certaines zones du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Le long de certains tronçons, plusieurs villages semblent abandonnés. Des maisons vides, parfois envahies par les herbes, témoignent du départ des habitants fuyant l’insécurité.

Dans certaines zones sensibles, les véhicules circulent sous escorte militaire, notamment entre Komanda et Oicha. Avant de traverser ces segments, les passagers vivent souvent dans la crainte et prient pour arriver à destination.

Le vol reste également fréquent dans certaines localités comme Komanda et Niania, où des passagers disent devoir rester vigilants même la nuit, des individus pouvant dérober des biens dans les véhicules ou lieux de repos.

La RN4 reste une route stratégique mais profondément contrastée : essentielle pour la mobilité et l’économie régionale, mais marquée par des abus, un état dégradé, une insécurité persistante et une solidarité qui résiste tant bien que mal.

Pour de nombreux usagers, l’asphaltage complet et durable de cette route apparaît comme une nécessité urgente afin d’améliorer la sécurité, la circulation et les conditions de vie des populations riveraines.

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1 COMMENTAIRE

  1. Vraiment vous avez tout dit, il ne reste qu’à porté haut la voix de paisible citoyens qui fréquentent cette route 🙏

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