30 mai 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Actualité Politique

Tshopo : « Il n’y a pas de conflit entre le gouvernement et l’Assemblée, mais entre Kanga et Lendongolia » (Aimé Eyane)

Après avoir été cité par le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo dans sa dernière sortie médiatique, le député du territoire d’Opala, Aimé Eyane, est sorti de son silence. Lors d’un point de presse tenu à Kisangani ce vendredi 10 octobre, il a répondu aux propos tenus par Mateus Kanga, président de l’organe délibérant de la Tshopo. Ce dernier l’avait cité à plusieurs reprises dans une déclaration récente, l’accusant notamment d’avoir exercé des pressions dans le dossier Frivao et dans la gestion interne du bureau de l’Assemblée provinciale.

L’élu d’Opala a exprimé ses regrets face à cette sortie médiatique, qu’il a qualifiée d’inopportune et d’inappropriée pour un responsable d’institution :

Je pense que l’honorable Mateus avait l’occasion de prouver sa maturité politique et surtout de respecter la position qu’il occupe. Ce genre de sortie ne l’honore pas.

a-t-il déclaré devant la presse

Concernant les fonds du FRIVAO destinés à l’Assemblée provinciale, Aimé Eyane a affirmé qu’ils n’auraient jamais transité par les comptes officiels de l’institution, mais plutôt par un compte privé appartenant à l’entreprise chargée des travaux de rénovation :

L’argent n’est pas entré dans les comptes de l’Assemblée. Il est allé sur un compte privé appartenant à la société qui réhabilite le bâtiment. Et cette société est liée à qui ? Au frère du président.

Réagissant aux accusations selon lesquelles certains députés auraient exercé des pressions pour obtenir une part de ces fonds, le député Eyane a catégoriquement rejeté ces allégations :

Le président a dit qu’on lui avait fait pression pour que 100 000 dollars soient distribués. Non, ce n’est pas le cas. Aucun député n’a touché l’argent du FRIVAO. Aucun. C’est lorsqu’on a mis la pression que certains ont obtenu quelque chose. Ce n’est pas acceptable.

Sur la question des travaux de réhabilitation du siège de l’Assemblée provinciale, Aimé Eyane a également dénoncé un manque total de transparence :

Nous avons vu le bâtiment entouré d’échafaudages sans qu’aucune plénière ne soit informée. Quand nous avons demandé l’origine du financement, le président a répondu qu’il s’agissait de fonds collectés lors de la campagne des sénateurs et des gouverneurs. Aujourd’hui, ce n’est plus une simple peinture comme cela avait été évoqué. C’est un chantier à grande échelle dont le coût total reste inconnu, même pour les députés.

Face à la montée des tensions entre le bureau de l’Assemblée et le gouverneur, Aimé Eyane a tenu à faire la distinction entre les querelles politiques et les conflits personnels :

Il n’y a pas de conflit entre le gouvernement provincial et l’Assemblée. C’est un problème entre Mateus et Lendongolia. Ils veulent faire croire qu’il s’agit d’une crise institutionnelle, mais ce n’en est pas une.

Le député a enfin appelé ses collègues à préserver la stabilité de la province et à éviter que les divergences personnelles ne dégénèrent en crise politique :

Nous devons accompagner le gouvernement, pas l’affaiblir. Aucun gouverneur ne pourra développer la Tshopo avec les seules recettes locales, sans rétrocession.

Réagissant enfin aux propos du président de l’Assemblée, qui a affirmé que certains députés auraient été payés pour signer une pétition contre le bureau, Aimé Eyane a dénoncé une atteinte grave à l’honneur des élus :

On ne peut pas accuser un père ou une mère de vendre ses enfants pour 1 500 dollars. Pourquoi cette insinuation ? Et combien le président de l’Assemblée reçoit-il chaque mois du gouverneur ? Je ne pense pas que ce soit moins de 10 000 dollars. Quel député parmi nous reçoit cette somme ? Pourquoi accuser les autres alors que vous savez ce qui se passe ? Sur l’enveloppe de 890 millions, 100 millions sont prélevés pour des nominations nationales. Les collègues sont allés à Kinshasa pour savoir à qui va cette somme. Chaque fois, 100 millions sont versés à qui ? Où vont-ils ? C’est cela que nous contestons dans sa gestion.

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