La cité frontalière de Kamako dans le territoire de Tshikapa en province du Kasaï, carrefour stratégique entre la République démocratique du Congo et l’Angola, est aujourd’hui secouée par une série de tragédies qui révèlent une profonde fragilité sociale longtemps restée dans l’ombre.
À peine la population tentait-elle de se remettre du choc provoqué par l’homicide d’un adolescent de 15 ans, tué par son propre père à la suite d’un différend financier, qu’un nouveau drame est venu raviver les angoisses collectives. Ce jeudi 18 décembre 2025, le corps sans vie de Kanku Tshibinga a été découvert à son domicile, pendu à l’aide d’une corde fixée à la charpente. Le défunt était un jeune homme bien connu à Kamako et frère biologique du chef coutumier Cibinga.
Au-delà du fait divers, ce décès soulève de nombreuses interrogations. Selon les témoignages recueillis auprès de son entourage, rien ne laissait présager un tel geste. Kanku Tshibinga ne souffrait d’aucun trouble psychologique connu, ce qui renforce le mystère entourant les circonstances de sa mort et accentue la douleur de ses proches.
Ces événements successifs mettent en évidence un malaise social profond dans cette cité frontalière, où la précarité économique, les tensions familiales et les pressions liées à la survie quotidienne pèsent lourdement sur les habitants. À Kamako, comme dans plusieurs localités périphériques, la détresse humaine se vit souvent dans le silence, sans mécanismes d’écoute ni structures de soutien psychosocial.
Alertées, les autorités locales se sont rendues sur les lieux pour un constat d’usage avant de remettre le corps à la famille pour l’organisation des obsèques. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les causes exactes de ce décès, pendant que les responsables administratifs promettent des mesures pour apaiser le climat et prévenir d’autres drames.
