La nuit du 10 au 11 septembre a plongé l’aéroport international de Kinshasa N’Djili dans une situation de crise inédite. Entre 00h24 et 05h20, la plateforme aéroportuaire est restée totalement privée d’électricité, paralysant ses activités et provoquant le déroutement du vol présidentiel DRCO01, qui ramenait Félix Tshisekedi du Kazakhstan. L’appareil a dû atterrir à Brazzaville, tout comme plusieurs autres vols attendus à Kinshasa.
Face à la gravité de l’incident, la Régie des Voies aériennes (RVA) a réagi avec fermeté. Dans une note signée ce jeudi 11 septembre, son Directeur général, Ngoma Mbaki Léonard, a annoncé la suspension immédiate de Lundula Lutshaka, commandant de l’aéroport de N’Djili, pour « manquement grave ».
Selon les premières enquêtes, plusieurs fautes lourdes sont reprochées à l’agent suspendu. Il est accusé d’avoir contourné les procédures officielles lors de l’acquisition d’un inverseur de charges, en recourant à une société non agréée. De plus, il aurait failli à l’activation du protocole de secours, empêchant la mise en marche du système d’alimentation électrique de relève, pourtant prévu pour ce type de situation.
En attendant les conclusions définitives des investigations, la RVA a appliqué l’article 32 de son code de conduite pour écarter provisoirement le commandant de ses fonctions.
Au-delà de cette sanction individuelle, l’incident met en lumière la vulnérabilité des infrastructures aéroportuaires congolaises. Lorsqu’une simple coupure d’électricité peut bloquer l’atterrissage d’un vol présidentiel et contraindre des avions à se poser dans un autre pays, c’est toute la fiabilité de la chaîne de sécurité aérienne qui est questionnée.
Des réformes structurelles sont désormais attendues pour éviter la répétition d’un tel scénario, particulièrement lorsqu’il s’agit de vols sensibles impliquant la sécurité nationale.
