La journée de l’armée congolaise est célébrée le 17 Mai de chaque année en République démocratique du Congo. Une journée chômée et payée sur toute l’étendue du pays, et cette année n’a pas dérogé à la règle. A Kisangani ce vendredi, la commémoration s’est déroulée avec faste.
En effet, le commandant de la 31eme région militaire des FARDC, le Général-major Mujinga Mij Timothée, accompagné de sa troupe composée des généraux, Commandants des grandes unités, Directeurs, visiteurs de la grande bataillon, les canines et leurs chiens, ainsi que le comisseur général de la Police nationale congolaise (PNC) Tshopo François Kabeya Makosa. Ensemble, ils ont procédé à une visite des monuments historiques militaires dressés sur quelques sites de la ville de Kisangani, dont rond point du Canon, le rond-point Combattants et devant le restaurant la Fourchette boyomaise, où une cérémonie officielle était organisée.
Devant les officiels, l’historien Jules Okete Longe wa Tuku est revenu sur un petit historique des différents monuments militaires dressés dans la ville :
Le monument de Saïo et Gambela est situé au rond point Bamanisa, et le monument Canon, au rond point du Canon. Le canon est le nom d’une pièce de 105 millimètres qui occupait le croiseur allemand, durant la guerre de 1914 à 1918. L’un des canons fut pris à Tabora en septembre 1916 et amené à Leopold-ville, et l’autre pris à Masasi et conduit à Stanley-ville. Ce canon fut exposé pendant longtemps sur le rond point de la place du canon. A côté de ces canons, il y a des éléments de la force publique dont la particularité est la tenue kaki et le béret (chapeau) rouge. Ces monuments montrent la bravoure des soldats de la force publique. Après la participation du Congo à la campagne de Nigeria, les militaires sont allés aussi au Moyen Orient. Nos troupes employées pendant 6 mois en Palestine, reviennent au Congo en 1944 avec une victoire.
a relaté l’historien jules Okete Longe wa Tuku


Dans son adresse aux officiels présents à la cérémonie, le Général-major Mujinga Mij Timothée a insisté sur les leçons tirées après cette visite de différents monuments des anciens combattants :
Nous avons fini la ronde prévue aujourd’hui. Quelle leçon tirée ? Ce n’était pas une promenade sur les sites dédiés aux anciens combattants, mais je voulais bien que ça soit une interpellation. Lorsque nous lisons l’histoire militaire de nos forces, nous constatons que nos forces ont fait des exploits tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Au moment où nous nous retrouvons ici, une partie de notre territoire est sous l’emprise de la rébellion, soutenue par nos voisins, pour ne pas citer, le Rwanda (…) que cela nous interpelle pour que nous puissions réitérer les mêmes exploits. Les forces armées ont marché, conquit et dominé les voisins qui nous causent du tord. Qu’est-ce qui nous manque, nous, pour relever ce défi ? Nous sommes prêts jusqu’au sacrifice suprême à relever les défis. Transmettez le message aux unités sous vos ordres.
a-t-il déclaré
Au cours de cette même cérémonie, le Général-major Mujinga Mij Timothée a également présenté le « monument vivant » et ancien combattant vivant, premier Sergent-major agé à ce jour de 100 ans et 6 mois ; mais qui continue encore à servir sous le drapeau. Il s’agit de Luhembwe Alfani, qui a servi dans l’armée pendant 78 ans. Son unique secret jusqu’à ce jour ? « La discipline, le respect des grades de ses supérieurs, pas de vol, pas de haine, ne pas toucher à la femme d’autrui et éviter la colère » a-t-il confié.
Notez qu’à titre de reconnaissance, une enveloppe lui ai été remis par le Général-major Mujinga Mij Timothée au nom du Chef d’Etat-major général.
