Avocat au barreau de la Tshopo, Maître Jean-François Alauwa est sorti de son silence après la récente polémique entourant l’affaire opposant le Ministère public au militant des droits humains Jedidia Mabela, actuellement détenu à la Prison centrale de Kisangani. Dans une déclaration publiée ce mercredi 8 octobre, l’homme de loi interpelle directement le Gouverneur de province, l’appelant à user de son influence pour que justice soit rendue « dans le respect de la vérité et des droits fondamentaux ».
Selon Me Alauwa, les propos récents de la porte-parole du Gouverneur de la Tshopo, visant à minimiser l’implication de Paulin Lendongolia, présenté comme partie civile dans cette affaire, relèvent de la désinformation. L’avocat dénonce des « déclarations mensongères » et estime que le chef de l’exécutif provincial a été « induit en erreur ».
Monsieur le Gouverneur, usez de tout votre pouvoir pour que Jedidia Mabela soit acquitté par le Tribunal de Grande Instance de Kisangani et quitte la Prison Centrale.
a déclaré Me Alauwa, dans un ton à la fois ferme et conciliant
Je comprends que vous n’avez pas mesuré les conséquences de votre action.
ajoute-t-il
Un plaidoyer pour la liberté d’un activiste
Me Alauwa estime que l’incarcération de Jedidia Mabela, figure bien connue de la société civile locale, constitue un « acte dépassé » et contraire à l’esprit démocratique que doit incarner une autorité provinciale.
Faire emprisonner un activiste des Droits humains est un comportement dépassé, qui ne devrait plus être de notre époque. Vous êtes jeune, en réalité.
a-t-il insisté
L’avocat distingue par ailleurs le cas Mabela d’autres dossiers judiciaires, estimant que l’activiste n’a « commis aucun crime » et qu’il mérite un traitement équitable, au regard de son engagement citoyen.
Un contexte de tensions politiques et médiatiques
Dans sa sortie médiatique, Me Alauwa évoque aussi la série de critiques et controverses qui ont récemment visé le gouvernement provincial :
Je comprends votre frustration après toutes ces attaques médiatiques liées aux affaires : concert Rebo, surfacturation des travaux de voirie, achat des véhicules, voyage à Dubaï, ou encore les tensions à l’Assemblée provinciale.
écrit-il
Malgré ce contexte tendu, le juriste appelle le Gouverneur à « se ressaisir » et à poser un geste d’apaisement en faveur des droits et libertés.
« Un appel à la raison »
Clôturant sa déclaration sur un ton patriotique, Me Jean-François Alauwa affirme que cette affaire dépasse les clivages politiques et doit rassembler tous les acteurs autour du respect de la justice et de la démocratie.
Cette affaire qui me pousse à vous appeler à la raison nous rassemble au-delà des clivages.
a-t-il conclu, avant de signer sa déclaration par une formule simple : Sentiments patriotiques.
