30 mai 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

RDC – Scandale à l’OCC : « 480 millions de dollars détournés chaque mois » ? Étienne Tshimanga dans le viseur

L’Office congolais de contrôle (OCC), établissement public stratégique en République démocratique du Congo, traverse une crise financière et sociale sans précédent. Depuis le lundi 2 juin, les agents et cadres de l’OCC ont entamé une grève illimitée pour dénoncer une gestion jugée catastrophique et réclamer le départ immédiat du comité de gestion actuel.

Au centre de la colère : un chiffre vertigineux. Selon des sources concordantes, l’OCC génèrerait chaque mois environ 500 millions de dollars américains de recettes à l’échelle nationale. Pourtant, à peine 20 millions de cette somme seraient consacrés aux charges salariales du personnel. Les 480 millions restants s’évaporeraient dans des circuits financiers opaques.

Cette situation soulève de lourdes suspicions de détournements massifs. Le personnel en grève accuse le comité de gestion d’avoir institutionnalisé la mégestion et d’avoir transformé l’OCC en un outil de prédation économique au détriment de sa mission de contrôle de la qualité et de la conformité des biens importés et exportés.

Une gouvernance sous le feu des critiques

Outre les soupçons de détournement, le climat social au sein de l’OCC est marqué par des pratiques de gestion jugées abusives. Des milliers de recrutements auraient été effectués ces derniers mois dans des conditions irrégulières, souvent sans respect des procédures légales en vigueur. Plus de 3 000 agents auraient ainsi été embauchés et parfois promus à des postes clés sans justification, suscitant l’indignation des anciens employés.

Face à cette vague d’embauches jugée illégale, le ministre de tutelle a dû intervenir en urgence pour mettre fin à ce qu’il convient d’appeler un désordre administratif rampant.

Pour les grévistes, la seule issue acceptable à cette crise est le départ sans condition du comité de gestion actuel. Ils l’accusent de porter l’entière responsabilité de la situation chaotique que traverse l’Office. La grève, largement suivie à travers le pays, témoigne de la détermination des agents à obtenir un changement en profondeur dans la gouvernance de l’OCC.

Cette affaire, qui prend désormais une ampleur nationale, interpelle les plus hautes autorités du pays. Les regards se tournent vers le président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions, pour mettre un terme à cette dérive institutionnelle et restaurer la crédibilité de l’Office congolais de contrôle.

Alors que l’OCC vacille, miné par des pratiques financières douteuses et un climat social délétère, l’heure est à l’action. Laisser pourrir la situation reviendrait à compromettre un outil stratégique pour l’économie nationale. La transparence, la justice et la réforme doivent désormais primer.

Dossier à suivre…

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