Dans un rapport accablant de 87 pages publié ce mercredi 10 juin 2026 à Nairobi, l’organisation Human Rights Watch documente une campagne systématique de recrutement forcé et de détention arbitraire orchestrée par le mouvement rebelle M23, avec le soutien actif des Forces rwandaises de défense (RDF) dans les zones sous son contrôle notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec une emphase sur les camps de Rumangabo et Tshanzu situés dans le territoire de Rutshuru.
Selon le même rapport, les survivants décrivent l’atmosphère régnant au sein des centres de formation de Rumangabo et de Tshanzu à Rutshuru en affirmant que la mort était partout. Les témoignages recueillis auprès de 102 anciens détenus font état d’un traitement inhumain entre privation chronique d’eau et de nourriture, passages à tabac systématiques et exécutions sommaires pour toute tentative d’évasion.
Le rapport souligne particulièrement la vulnérabilité des mineurs. Des enfants, parfois âgés de seulement 12 ans, sont arrachés à leur famille et forcés non seulement à combattre, mais parfois à servir de gardiens, contraints de violenter leurs codétenus.
Signalons que d’après le même rapport, de nombreux détenus ont identifié des militaires rwandais parmi les instructeurs et commandants des camps. Les indices sont multiples notamment des équipements spécifiques, accents, et usage exclusif de langues étrangères à la région. Pour HRW, cette présence militaire prolongée et ce contrôle opérationnel répondent aux critères d’une occupation belligérante, engageant la responsabilité pénale des autorités de Kigali.
