Le courage exprimé par les étudiants volontaires pour la formation paramilitaire organisée durant un mois, en Novembre dernier, dans la cité de Bengamisa à 50 kilomètres de Kisangani ; n’aura pas été identifiable que chez les garçons. Persévérance Bosenge fait partie de la minorité féminine qui n’a pas eu froid aux yeux, au moment de dire oui à cette initiative du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU). Ce vendredi 29 Décembre 2023, elle s’est confiée à notre rédaction.
Aperçu pour la première fois par les uns lors de la cérémonie de remise de brevets et de clôture de cette formation à l’esplanade de la poste, Persévérance Bosenge, étudiante en L1 (ancien système) à la faculté de Droit de l’Université de Kisangani (UNIKIS) était déjà connue par d’autres. Nous accordant cette interview où elle nous a tout dit, elle a tout de même tenu à se présente à ceux qui ne la connaissent pas.
Bonjour chers abonnés de Kaba Lisolo. Je répond au nom de Persévérance Bosenge, Étudiante à la formation paramilitaire, qui aujourd’hui constitue déjà les réservistes des FARDC.
La motivation de Persévérance à s’inscrire à la première formation paramilitaire des étudiants volontaires n’est pas à chercher loin
Ma motivation est partie de mes objectifs dans la vie, partant de mes ambitions. Vous voyez, chacun de nous a déjà tracé ses lignes de conduite, c’est-à-dire son parcours… Une fille un garçon qui se respecte doit savoir comment se conduire dans la vie, quelle filière suivre, tout ça. Depuis le bas âge, j’ai l’ambition de faire l’armée. Et surtout je suis née quelques mois après la guerre de six jours. Ma mère me racontait le déroulement de cette guerre, où l’une de mes cousines était morte, alors qu’une autre en est restée invalide. De lors, j’ai commencé à dire à dire à ma mère que j’allais faire l’armée, bien que je ne savais pas encore qu’est-ce que c’était l’armée. Mais elle n’était pas d’accord. Elle s’est débrouillée pour me donner tous les désavantages de l’armée, surtout pour une fille. Mais j’ai continué à avoir mon ambition et je n’ai cessé de répéter le même discours.
L’initiative du ministre de l’ESU, Muhindo Nzangi, était une belle occasion pour Persévérance Bosenge, d’entamer la réalisation de son rêve d’enfant. Ceci était donc tombé à point nommé.
J’ai commencé mes études en Droit en disant à ma mère que j’allais faire l’EFO (école de formation militaire à Kananga) juste après. Je ne sais pas si je dois dire ‘par la grâce de Dieu’, mais je le dirais : j’ai entendu l’appel du ministre de l’ESU. Je me suis dit qu’il fallait alors saisir ma vision. J’étais tellement motivée. Quand je suis allée m’inscrire, toute la maison était contre moi, mais je n’avais pas reculé. Il fallait atteindre mon objectif.
Déroulement de la formation
A l’image de la majorité d’étudiants ayant participé à cette toute première formation paramilitaire, Persévérance Bosenge avoue que tout s’est bien passé du côté de la cité de Bengamisa, et ce, fait-il le dire, en dépit de quelques bobos qui ne pouvaient manquer de de jouer le trouble-fête. Somme toute, Persévérance et les autres ont beaucoup appris.
C’est sûr, il faut le dire, la formation s’est bien passée. Nous avons étudié des cours tellement stratégiques : d’une part avec des instructeurs militaires, d’autre part avec des professeurs des universités qui avaient également intervenu. Nous avons appris des cours qui nous rendent déjà prêts, je n’exagère pas, à défendre la RDC. Par exemple les pratiques militaires, c’est-à-dire comment se défendre devant l’ennemi, comment localiser l’ennemi à 50 mètres de nous, ou même plus loin (…) on a piloté des drones, qui permettent d’espionner l’ennemi, etc. Nous avons manié des armes, comme le AK47, des revolvers…
A son retour de formation, précisément lors de sa remise de brevet à la grande poste de Kisangani, Persévérance a été aperçue avec une plaque sur le bras gauche, synonyme d’une fracture. Plus d’un s’est posé la question sur la cause de cette blessure, alors les commentaires n’ont pas manqué de faire référence à une prétendue mauvaise passation de sa formation paramilitaire. Notre réserviste a éclairé sur le sujet.
C’est en pleine exercice physique que je me suis fracturé le bras. Si je n’étais pas déterminée, lorsqu’on m’a ramené à Kisangani pour des soins, je ne serais plus retournée à la formation, car même les mamans qui m’ont vue à l’hôpital ne cessaient de me dire d’arrêter (…) malgré tout le découragement des autres, j’ai tenu à retourner à Bengamisa pour poursuivre avec ma formation. Il y avait même des amis qui avaient abandonné car cette formation n’était pas facile. Mais moi je sais qu’un vainqueur n’abandonne jamais, c’est ça mon principe.
Le mot de la fin…
Je tiens d’abord à féliciter le gouvernement pour cette initiative, en commençant par le commandant suprême, le Président de la République Félix Tshisekedi, mais aussi le ministre de l’ESU, Muhindo Nzangi (…) J’appelle tout le monde à pouvoir défendre notre pays, on doit faire de notre mieux pour servir le pays. J’appelle aussi les autres étudiants qui hésitent, à pouvoir participer à la deuxième promotion de cette formation. Les jeunes ne doivent pas avoir peur, c’est pour l’intérêt de notre beau pays. Merci à Kaba Lisolo pour cette interview.
Persévérance Bosenge fait désormais partie de la réserve des Forces armées de la République démocratique du Congo. Entre-temps, elle poursuit avec ses études. La réalisation de son rêve d’enfant est lancée !
