Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a poursuivi, ce mardi 11 novembre, l’examen du dossier lié au braquage survenu le 16 octobre dernier à la Rawbank, dans la capitale congolaise.
Pour la première fois depuis l’ouverture du procès, des images issues des caméras de surveillance ont été projetées à l’audience. Ces vidéos révèlent des scènes troublantes, montrant non seulement les auteurs présumés du braquage, mais aussi des militaires et policiers dépêchés pour sécuriser les lieux, filmés en train de s’emparer d’argent dans les caisses.
Les premières séquences diffusées montrent le passage d’Honorine Porsche, considérée comme la principale suspecte. Sur les images du guichet B MoneyGram, on distingue clairement la jeune femme, vêtue de noir, menaçant la caissière Bénédicte, qui lui remet plusieurs liasses de billets sous la contrainte et la peur. Peu après la fuite d’Honorine, plusieurs membres des forces de l’ordre apparaissent dans le champ des caméras — non pas pour protéger la banque, mais pour se servir à leur tour.
Face à ces éléments, un colonel entendu comme renseignant, ainsi qu’un responsable de la sécurité, ont reconnu plusieurs individus parmi les militaires et policiers présents. Le tribunal a ordonné l’extraction de captures d’écran afin de permettre leur identification formelle.
Le juge a par ailleurs instruit l’auditeur militaire de déférer les agents concernés, issus de la Police nationale congolaise et de la Task Force, et a demandé au ministère public de préparer les procédures disciplinaires et judiciaires appropriées.
De son côté, le médecin auteur du rapport psychiatrique sur Honorine Porsche a réaffirmé que cette dernière souffre de troubles mentaux. Il a précisé que son expertise avait été sollicitée par l’ambassade d’Allemagne ainsi que par une ONG internationale de défense des droits des femmes.
Après la projection et la confrontation des preuves, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au vendredi 14 novembre, date fixée pour le réquisitoire du ministère public.
