15 juin 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Santé

Kinshasa : renforcement de capacités des officiers militaires en santé de la reproduction

Dans le cadre du projet ‘Journées d’informations des officiers de l’école de commandement et de l’état-major de Kinshasa (ECEM) sur la santé sexuelle et reproductive’, des officiers militaires ainsi que des stagiaires sont sensibilisés, avec l’appui de IPAS, sur la santé sexuelle et reproductive (SSR), ainsi que le cadre légal des avortements sécurisés ; ce jeudi 20 Juin 2024 au Centre supérieur de l’armée, à Kinshasa.

Cet atelier qui va durer deux jours, soit du jeudi à ce vendredi, poursuit un double objectif : renforcer les capacités des officiers dans la prévoyance et la santé de la reproduction ; et encourager le dialogue et la participation des officiers dans la planification dans leurs milliers sur la santé de la reproduction.

Le docteur Mboma Michael, médecin à l’hôpital général de Makala (communément appelé Sana), premier intervenant de ce jeudi ; a abordé les évidences de la santé sexuelle et reproductive et les avortements dans le monde, en Afrique et en République démocratique du Congo. Ce dernier a rappelé à l’assistance l’importance de nuancer les avortements moins sécurisés ou dangereux ; un avortement à risque ; et les avortements sécurisés ou médicalisés qui sont, eux, les seuls autorisés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

On ne peut pas faire avorter une femme dont la grossesse dépasse 3 mois… l’avortement ne doit pas non plus être pratiqué par un prestataire non qualifié. Enfin, cela doit être fait dans un cadre médical suivant une méthode préconisée par l’OMS.

extrait de l’explication de Dr. Mboma Michael, formateur sur les avortements sécurisés

A son tour, le deuxième intervenant, maître Baudoin Kipaka, conseiller à la Cour de Cassation, a parlé du cadre juridique congolais sur les avortements et la contraception. Il était question pour lui, ici, de montrer aux officiers dans quelle mesure un avortement ou une contraception peut être justifiée par la justice. Il a notamment indiqué qu’un avortement issue du consentement d’une femme et son homme, justifié par un danger sanitaire (par exemple) que la grossesse ferait courir à la femme porteuse, n’est pas condamnable. Monsieur Baudoin Kipaka a également, dans son intervention, sensibilisé les officiers sur la lutte contre les violences basées sur le genres sous toutes leurs formes.

La satisfaction des participants

De leur côté, des heureux participants à cet atelier n’ont pas hésité, dès ce premier jour, à exprimé leur satisfaction.

Raphaël Pêne Mbado, stagiaire à l’école de commandement et d’état-major, participant à cette formation, salue ce « réveil de conscience » de chacun sur de sujets jadis tabou.

C’est toujours important d’être formé sur de questions de sexualité ou de grossesse. Jadis, pour qu’un parent parle de sexualité à ses enfants, c’était difficile. Et même aujourd’hui […] cette formation est très importante. On devrait la donner partout, comme dans des églises, écoles, etc. Nous saluons également la sagesse des formateurs. Ils doivent continuer comme ça.

a-t-il déclaré

Anatol Kubelua, un autre participant, ne pouvait dire le contraire :

Il y avait de choses qu’on faisait avec beaucoup d’ignorance. Mais avec cette formation, on voit les choses différemment. Aujourd’hui on a de référence, ça nous a remis sur la ligne.

Au total, 62 participants prennent part à cette formation au Centre supérieur de l’armée. Ce premier jour, dans une ambiance conviviale. des exercices à l’extérieur ont marqué la fin des échanges, dans le but de juger la perception de chacun sur le sujet, ce, après les matières apprises.

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