FRIVAO : guerre de versions entre Bolukola et la Justice

Dans une lettre manuscrite de six pages rendue publique ce dimanche 19 avril 2026, Chançard Bolukola, ancien Directeur Général a.i. du FRIVAO (août 2024 – juillet 2025), s’exprime pour répondre aux déclarations du ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, et revenir sur sa gestion.

Placée en détention depuis neuf mois à la prison de Makala dans le cadre d’une affaire de présumé détournement de fonds destinés aux victimes de la guerre des six jours à Kisangani, l’ex-responsable affirme vivre difficilement les accusations relayées dans l’espace public. Il évoque notamment un profond choc après avoir pris connaissance de certaines prises de parole médiatiques.

Le 8 avril 2026, lors d’un échange avec des bénéficiaires du FRIVAO à Kisangani, le ministre de la Justice a déclaré qu’un film consacré à la guerre des six jours aurait coûté 1,6 million de dollars pour une durée de six minutes, évoquant une production attribuée à la société DIVO. Il a, dans la foulée, sollicité l’ouverture d’une enquête.

Chançard Bolukola rejette fermement cette version. D’après lui, le projet en question correspond à un documentaire d’une durée d’1 heure 14 minutes, financé à hauteur de 640 000 dollars hors taxes. Il estime que les informations présentées aux autorités sont inexactes et portent atteinte à sa réputation.

Autre sujet de controverse : l’acquisition de parcelles à Kisangani. Le président actuel du conseil d’administration du FRIVAO, Dismas Kitenge, a fait état d’un montant de 250 000 dollars pour l’achat de dix terrains situés en périphérie, auxquels s’ajouteraient 19 000 dollars de frais de commission. Des chiffres qu’il juge surprenants au regard du marché local.

L’ancien directeur général avance, lui, une lecture différente. Il soutient que 25 parcelles ont été achetées afin de constituer un hectare, avec des prix unitaires compris entre 12 000 et 15 000 dollars. Quant aux 19 000 dollars évoqués, il précise qu’ils couvrent des frais liés aux avocats, aux intermédiaires et aux démarches administratives, assurant que toutes ces opérations peuvent être vérifiées.

Dans son courrier, Bolukola souligne également l’absence de passation formelle avec son successeur, Monseigneur François Mwarabu. Une situation qui, selon lui, pourrait fragiliser la fiabilité des éléments utilisés dans la procédure en cours.

Il appelle ainsi les magistrats à examiner le dossier avec rigueur, en s’appuyant sur des faits établis et des preuves concrètes plutôt que sur des allégations non vérifiées. Il insiste sur la nécessité d’un traitement équitable de l’affaire.

Parallèlement, un audit du fichier d’identification des victimes est annoncé. Le ministre de la Justice a évoqué l’existence de cas frauduleux parmi les bénéficiaires recensés. Sur ce point, Bolukola se dit favorable à un contrôle, tout en rappelant qu’il existe plusieurs bases de données distinctes.

Alors que la procédure judiciaire suit son cours, Chançard Bolukola reste incarcéré, dans l’attente des conclusions de l’enquête et de la décision de justice.

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1 COMMENTAIRE

  1. Dans cette affaire, il semble qu’il y ait un manque de clarté et de transparence du côté du ministère de la Justice ainsi que de la direction générale actuelle de FRIVAO. Beaucoup de zones d’ombre persistent et la population mérite des explications claires.
    Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est de voir que le Directeur Général actuel serait également un prêtre de la Cathédrale Notre-Dame du Très Saint Rosaire de Kisangani. En tant que père spirituel, on attend de lui une attitude fondée sur la vérité, la transparence et la recherche de la paix, afin d’éviter toute polémique ou situation d’humiliation.
    Par ailleurs, il est important de reconnaître que Chançard Bolukola est perçu par certains comme une personne digne et honnête. Le problème ne semble pas être lié aux personnes elles-mêmes, mais plutôt à un manque de communication et de transparence entre les différentes parties impliquées, notamment entre l’actuel et l’ancien DG ainsi qu’entre les anciens et actuels responsables du ministère de la Justice.
    Il est également regrettable de constater les tensions autour de ce dossier, alors que plusieurs personnes manifestent depuis longtemps un intérêt pour ce poste. Dans ce contexte, une gestion plus claire et plus équilibrée aurait pu éviter certaines incompréhensions.
    Enfin, au lieu d’aggraver les divisions, il serait souhaitable que les autorités compétentes puissent intervenir de manière apaisée afin de trouver une solution juste, transparente et durable, dans l’intérêt de tous.

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