Alphonse Maindo, analyste politique et enseignant-chercheur à l’Université de Kisangani, a livré son analyse sur la crise qui secoue actuellement l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. Reçu ce jeudi 18 septembre 2025 à sa résidence dans la commune de Makiso, à Kisangani, par Kaba Lisolo, il a dressé un tableau préoccupant de la situation.
L’institution parlementaire traverse une véritable zone de turbulences. Plusieurs membres influents du bureau sont désormais visés par une pétition portée par des députés qui dénoncent une gestion opaque, le favoritisme et un manque de leadership.
Pour le professeur Maindo, le président de la République pourrait avoir décidé de se séparer de Vital Kamerhe, actuel président de l’Assemblée nationale.
On s’approche de 2028 et il faut se rappeler qu’il y a eu des accords au préalable. Déjà, on avait procédé à des coupes budgétaires concernant l’Assemblée nationale, comparé à la précédente législature. Je pense que cela s’inscrit dans la continuité, pour ne pas donner trop de moyens à Vital Kamerhe afin d’accroître son influence et de se positionner pour les échéances électorales de 2028.
explique-t-il
L’universitaire rappelle que les textes de l’Assemblée nationale accordent aux députés le droit de recourir à des motions ou à des pétitions contre leur bureau. La balle est désormais dans le camp de l’Assemblée plénière, qui devra décider si cette démarche est motivée par des raisons politiques ou institutionnelles.
Si c’est reconnu, les députés ont le droit de s’en servir, pour des raisons légitimes ou non. Ce sera à la commission chargée d’examiner la pétition de faire son rapport. Ensuite, l’Assemblée plénière devra trancher sur la légitimité et l’opportunité de cette initiative.
souligne Maindo
À ce stade, tous les scénarios restent envisageables : maintien du bureau, remplacement de certains de ses membres ou changement complet de la direction. « Aucun scénario n’est à écarter », conclut le professeur Maindo.
