Le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) a réaffirmé sa ferme opposition aux tentatives présumées du président Félix Antoine Tshisekedi et de son parti politique visant à modifier la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC). Une position qui s’étend sur toute l’étendue de la République pour dire non au projet au projet de révision ou du changement de la Constitution entreprit par Félix Tshisekedi en son second et dernier mandat constitutionnel.
Lors d’un point de presse organisé ce mardi à Kisangani, la cellule locale du mouvement a relayé un communiqué national qualifiant ces manœuvres de « sournoises et irresponsables ».
Dans ce communiqué, la LUCHA critique sévèrement ce qu’elle perçoit comme une volonté du chef de l’État de se maintenir au pouvoir au-delà des deux mandats prévus par la Constitution. Le mouvement considère cette initiative comme « une trahison envers la nation et une insulte aux sacrifices des Congolais ayant œuvré pour l’adoption de ce texte fondamental.».
Des propos controversés du président Tshisekedi
Les récents propos de Félix Tshisekedi, décrivant la Constitution comme un « texte des étrangers » et alléguant à tort qu’elle imposerait une cession territoriale, ont suscité une vive réaction. La LUCHA a rappelé que ce texte, élaboré par des Congolais à Kisangani, n’évoque aucunement une cession de territoire mais prévoit une coopération internationale à travers l’abandon partiel de souveraineté pour l’unité africaine.
« Ces contre-vérités sont d’une gravité extrême venant d’un président ayant lui-même dirigé l’Union Africaine »,
a déclaré le mouvement, dénonçant une tentative de manipulation du peuple congolais.
Mobilisation nationale annoncée
Face à ce qu’elle considère comme une menace à la démocratie, la LUCHA a annoncé une « offensive démocratique et populaire » pour défendre la Constitution.
À partir de ce mercredi 20 novembre, annonce le mouvement, une série d’actions pacifiques mais d’une intensité extrême sera organisée sur l’ensemble du territoire national. Ces actions incluront des campagnes de sensibilisation dans toutes les provinces, communes et villages, appelant à un rejet catégorique de toute tentative de modification de la Constitution.
Nous veillerons à ce que Félix Tshisekedi quitte le pouvoir au terme de son second et dernier mandat, en 2028. Toute velléité de prolongation sera farouchement combattue,
a martelé le mouvement.
Un appel à l’unité nationale
La LUCHA a également lancé un appel à toutes les forces vives de la nation – partis politiques, organisations de la société civile et citoyens – pour rejoindre cette lutte qu’elle qualifie de « patriotique et historique ». Le mouvement invite la population à se mobiliser dans l’esprit des luttes passées ayant abouti à la transition politique de 2019.
On ne développe pas un pays en modifiant la Constitution, mais en l’appliquant,
conclut le communiqué.
En province, notamment à Kisangani, Chef de la Province de la Tshopo, les membres de la LUCHA ont insisté sur l’importance de cette mobilisation populaire, rappelant que la défense de la Constitution est une responsabilité collective.
Cette déclaration intervient dans un contexte politique tendu en RDC, où le débat sur la révision constitutionnelle suscite des réactions divisées. Si la LUCHA reste déterminée à mener une résistance pacifique, l’issue de ce bras de fer politique demeure incertaine.
