Intervenant ce vendredi 11 juillet devant le Parlement éthiopien à l’occasion du Forum parlementaire sur le renseignement et la sécurité, consacré à l’intégrité électorale et à la démocratie en Afrique, le sénateur congolais Salomon Kalonda Idi Della a prononcé un discours virulent centré sur la situation politique en République démocratique du Congo.
Prenant la RDC comme principal exemple, l’élu du Haut-Katanga a affirmé qu’un processus de révision constitutionnelle serait en cours dans le but de permettre au président en exercice de briguer un troisième mandat, une perspective qu’il considère contraire aux dispositions de la Constitution.
Selon le sénateur, les manifestations organisées par l’opposition et la société civile pour s’opposer à cette réforme auraient été sévèrement réprimées. Il a évoqué des pertes en vies humaines lors des mobilisations et dénoncé ce qu’il qualifie de silence de la communauté internationale, estimant que cette attitude s’apparente davantage à une forme de complicité qu’à de la neutralité.
Dans son intervention, Salomon Kalonda a établi une distinction entre le coup d’État militaire et ce qu’il appelle le « coup d’État constitutionnel ». À ses yeux, ce dernier constitue une menace tout aussi grave pour la démocratie, car il s’appuie sur des mécanismes présentés comme légaux, tels que des réformes constitutionnelles, des référendums ou des institutions judiciaires qu’il juge favorables au pouvoir. Il a ainsi appelé les partenaires africains et internationaux à condamner avec la même fermeté toutes les formes de remise en cause de l’ordre démocratique.
Le sénateur a également dénoncé plusieurs dysfonctionnements récurrents des processus électoraux sur le continent, notamment le manque d’indépendance des commissions électorales, l’invalidation de candidatures par des juridictions qu’il estime instrumentalisées, ainsi que les coupures d’internet au moment de la publication des résultats électoraux, qu’il considère comme un signe de défiance des autorités envers le verdict des urnes.
Pour renforcer la crédibilité des élections en Afrique, Salomon Kalonda a proposé la création d’une cellule africaine permanente de veille électorale, le développement d’une souveraineté numérique dédiée aux scrutins, l’organisation d’audits électoraux transparents et inclusifs, ainsi que l’instauration d’un mécanisme parlementaire d’observation couvrant l’ensemble du processus électoral, de l’enrôlement des électeurs jusqu’à la proclamation des résultats.
En conclusion, le sénateur a élargi son analyse au secteur minier congolais. Selon lui, le déficit démocratique en RDC affaiblit la position des partenaires économiques occidentaux face à des concurrents qui, a-t-il affirmé, évoluent dans un contexte où les règles de concurrence ne sont pas les mêmes.
