La province de la Tshopo a franchi une nouvelle étape dans la promotion de l’éducation des jeunes filles avec la validation officielle de 46 écoles bénéficiaires du programme de bourses « Tosilisa Kelasi », dans le cadre du projet PROMIS 2. La cérémonie de validation du processus de sélection des écoles et des boursières s’est tenue le 16 mars 2026 à l’Hôtel Congo Palace, dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, sous la houlette du gouverneur de province. Au total, 1 439 élèves filles des 2e, 3e et 4e classes, selon les nouvelles appellations, bénéficieront des 3 184 bourses, dont une bourse chacune pour celles de 4e année. Le coût moyen annuel d’une bourse est estimé à environ 195 dollars américains.
Le projet est financé par la Central African Forest Initiative (CAFI) à travers le Fonds national REDD+ (FONAREDD). Sa mise en œuvre est assurée par un consortium composé notamment de l’Association pour le Bien-Être Familial – Naissance Désirable (ABEF-ND), de Tulane University, de l’United Nations Office for Project Services (UNOPS), de DKT International, de MSI Reproductive Choices et du United Nations Population Fund (UNFPA).
Ce projet, PROMIS 2, repose sur trois grands axes. Il vise à renforcer l’accès aux services de planification familiale dans les structures de santé publiques et privées, à travers la distribution communautaire, les pharmacies et des stratégies avancées au sein des communautés. Il prévoit également l’octroi de bourses scolaires aux élèves filles afin de favoriser leur maintien à l’école dans des filières techniques stratégiques. Enfin, il inclut la construction de centrales régionales de distribution des médicaments (CDR), ainsi que la réhabilitation et l’équipement d’écoles médicales.
Au sujet de la province de la Tshopo
Pour identifier les établissements éligibles, une cartographie provinciale des écoles a été réalisée afin de retenir 46 établissements parmi les écoles publiques disposant des filières ciblées. Cette sélection a été effectuée à l’issue d’un processus rigoureux basé sur plusieurs critères, notamment le statut d’école publique, l’existence des classes de 2e, 3e et 4e années des humanités, une ancienneté d’au moins trois ans, ainsi que la présence des filières ciblées, dont l’agriculture générale, la foresterie, l’industrie agricole et les sciences infirmières obstétricales.
Selon la présentation faite lors de la cérémonie de signature du protocole par les parties concernées, le professeur Faustin Boyemba, secrétaire général adjoint au FONAREDD, le docteur Arsène Binanga, directeur pays de Tulane University, ainsi qu’Eugène Basandja, chargé national du suivi et de l’évaluation à l’ABEF-ND, la sélection a été menée par une commission provinciale composée de représentants des divisions provinciales de l’Éducation, de la Santé, du Genre et des Affaires sociales, ainsi que de l’ANAPECO et de l’ABEF-ND.
Après avoir remis l’exemplaire du protocole entre les mains de l’autorité provinciale, le secrétaire général à la Santé et à l’Hygiène, le docteur Body, a souligné qu’en parallèle à l’octroi des bourses, le projet prévoit plusieurs investissements dans les infrastructures de la province. Quatre instituts techniques médicaux bénéficieront d’une réhabilitation et d’un équipement. Il s’agit de l’ITEMA de Kisangani, de l’ITEM de Yangambi, de l’ITEM de Banalia et de l’ITEM de Basoko. Le programme prévoit également la construction d’une centrale régionale de distribution des médicaments de grande capacité à Kisangani.
En investissant dans nos filles, nous investissons dans nos forêts. En protégeant la santé, nous protégeons l’avenir, en réhabilitant nos écoles, nous réhabilitons l’espoir. Cette infrastructure permettra d’assurer la disponibilité des médicaments essentiels et des contraceptifs modernes, contribuant ainsi à améliorer l’accès aux services de santé.
a-t-il dit
Pour le docteur Didier Kamanga de l’ABEF-ND, l’objectif principal de ce programme est d’encourager la scolarisation et l’autonomisation des jeunes filles. Il a expliqué que ces bourses visent à corriger les inégalités souvent observées dans les familles, où les ressources financières sont majoritairement consacrées à la scolarisation des garçons. Il a également souligné le lien entre l’éducation des filles et la planification familiale, indiquant que les activités de sensibilisation permettront de prévenir les grossesses précoces et non désirées.
Le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a, à son tour, rappelé que l’éducation des filles constitue un levier essentiel pour le développement durable. Il a appelé les boursières à s’impliquer non seulement pour honorer le financement investi en elles, mais également pour répondre à la confiance placée en elles par l’ensemble des parties prenantes.
Un programme national déployé dans 12 provinces
Le projet PROMIS 2, Programme de mise à l’échelle de la planification familiale, est mis en œuvre en République démocratique du Congo pour une durée de quatre ans, de mai 2025 à décembre 2028, dans les provinces de l’Ituri, du Bas-Uele, du Haut-Katanga, du Kasaï Central, du Kasaï Oriental, de Kinshasa, du Kongo Central, du Kwilu, du Lualaba, de la Tshopo, de l’Équateur, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Il vise à réduire la pauvreté et la pression démographique sur les ressources environnementales, en améliorant l’accès aux méthodes contraceptives modernes et en soutenant l’éducation des jeunes filles.
Outre la signature du protocole de validation des 46 écoles bénéficiaires, le moment fort de cette cérémonie a également été le lancement de la pose de la première pierre pour la construction d’infrastructures modernes.
