L’Assemblée provinciale de la Tshopo a adopté ce lundi 16 juin 2026, un nouvel édit portant organisation des sépultures et des cérémonies funéraires. Porté par Mateus Kanga Londimo président de cet organe, les députés provinciaux l’ont approuvé en commun accord pour ouvrir désormais la voie à une profonde mutation des usages qui, depuis plusieurs années, suscitent inquiétudes et controverses au sein de la population.
A en croire l’organe délibérant de la Tshopo, cette initiative ne se limite pas à un simple encadrement administratif. Elle ambitionne de réconcilier les traditions funéraires avec les impératifs de sécurité publique, de salubrité et de respect des droits des citoyens.
Dans plusieurs quartiers de Kisangani, les obsèques sont parfois marquées par des blocages de routes, des cortèges perturbant la circulation, des affrontements entre groupes de jeunes et des nuisances sonores qui se prolongent jusqu’au petit matin. Ces situations ont régulièrement entraîné des dégâts matériels, des blessés et, dans certains cas, des pertes en vies humaines. C’est assez.
a dit Mateus Kanga, inquiet des funérailles anarchiques organisées dans plusieurs de la ville
Face à ce constat, le nouvel édit établit un cadre légal précis pour toutes les étapes liées aux funérailles. De la déclaration du décès jusqu’à l’inhumation, en passant par le transport du corps et l’organisation des veillées mortuaires, chaque acteur est désormais soumis à des règles clairement définies. L’une des mesures phares concerne l’interdiction des barricades sur la voie publique et de tout comportement susceptible de troubler l’ordre public. Les contrevenants s’exposeront à des sanctions prévues par la réglementation provinciale. Le texte introduit également des dispositions destinées à protéger la tranquillité des habitants. Les manifestations sonores liées aux funérailles seront strictement limitées durant la nuit, notamment entre minuit et six heures du matin.
Pour le Dr. Mateus Kanga Londimo, cette réforme dépasse les frontières de la Tshopo. Selon lui, les défis rencontrés dans la gestion des cérémonies funéraires sont similaires dans plusieurs provinces du pays. Il plaide ainsi pour l’adoption progressive de mécanismes comparables à travers la République démocratique du Congo afin de promouvoir des obsèques plus dignes, mieux organisées et respectueuses de l’ordre public.
L’édit entrera en vigueur trois mois après sa promulgation par le gouverneur de province. Une période de sensibilisation de six mois est prévue afin de permettre aux autorités locales, aux leaders religieux, aux organisations de la société civile et aux citoyens de s’approprier les nouvelles dispositions.
