Dans un communiqué publié ce mercredi 23 juillet 2025, l’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits humains (AJDDH), apprend avec indignation, la rétention injustifiée de trois journalistes survenue ce même mercredi dans le cabinet du Ministre provincial des Finances de la Tshopo, et leur transfert à l’inspection provinciale de la Police nationale congolaise (PNC).
Selon ce communiqué, le péché de ces journalistes étaient d’aller obtenir une déclaration officielle sur la récente participation dans un film théâtral du Ministre provincial des Finances, dont une vidéo est devenue virale et qui suscite un débat public au sein l’opinion boyomaise : les journalistes Steves Paluku de kis24.info, Paul Beyokobana de electionnet.com, et Sébastien Mulamba de Kisangani News se seraient rendus dans les installations du Ministère précité pour recueillir la version des faits du Ministre.
Avant leur entrée au bureau du ministre, ils ont eu une discussion fraternelle avec le Directeur du Cabinet, c’est en ce moment là que le Ministre aurait surgi dans le local et aurait proféré des propos menaçants contre eux (principalement Paul) au point de demander qu’ils y soient enfermés pendant plusieurs minutes sans motif légitime, sans communication avec l’extérieur, et dans un climat de pression et d’intimidation manifeste. Aussitôt sorti du local, le Ministre aurait appelé les policiers pour les escorter au Commissariat provincial de la police, où ils se trouvent en ce moment.
Face à cette situation révoltante, l’AJDDH exige :
- La libération immédiate et inconditionnelle de Steve Paluku, Paul Bayekomana et Sebastien Mulamba, si cela n’a pas encore été fait ;
- L’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale pour établir les responsabilités, identifier les auteurs et complices de cette détention illégale, et les traduire devant les juridictions compétentes ;
- Appelle la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) ainsi que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) à s’auto-saisir de ce dossier avec la plus grande diligence ;
- Invite le Gouverneur de la Tshopo à prendre des mesures conservatoires à l’encontre du Ministre des Finances pour manquement à l’éthique publique et entrave à l’image de l’Etat avant de clarifier cette affaire de participation dans une série théâtrale ;
- Invite les autorités judiciaires locales à garantir un cadre sécurisé pour les professionnels des médias ;
L’ONG AJDDH rappelle à l’opinion publique que, nous ne pouvons pas bâtir une nation juste et équitable dans la peur et la répression. Il est impératif que l’État prenne ses responsabilités pourprotéger ceux qui donnent voix à l’opinion publique, qui informent, qui questionnent, et qui dévoilent ce que l’on préfère parfois taire.
AJDDH reste mobilisée, aux côtés des victimes et de tous les défenseurs des droits humains, pour que justice soit rendue et que plus jamais, de tels actes ne se reproduisent dans notre pays.
