Il a promis un discours historique et panafricaniste, il l’a fait. Le leader de la Dynamique progressiste de l’opposition (DYPRO), attendu à Kisangani depuis près d’une semaine, est enfin arrivé hier jeudi 30 novembre 2023 dans la soirée.
Interdit d’accès à l’esplanade de la poste, selon ses proches, Constant Mutamba a donné son meeting à la place Bolongue devant un bain de foule constituée essentiellement des jeunes et plusieurs cadres des partis alliés à la DYPRO venus à sont accueil.
Dans son discours, contrairement à d’autres candidats à la course à la magistrature suprême, Constant Mutamba insiste, lui, insiste plus sur la situation sécuritaire à l’Est du pays, dont le Président Rwandais Paul Kagame est accusé de vouloir déstabiliser le pays en poussant devant la ligne le Mouvement du 23 mars (M23).
Très révolutionnaire dans son discours, comme Patrice Emery Lumumba dont il reconnaît le souffle de réincarnation, le leader progressiste congolais ne jure que sur l’arrestation de Paul Kagame pour rétablir la souveraineté territorial de la République Démocratique du Congo.
À Kisangani comme partout ailleurs, le plus jeune candidat à la présidentielle n’a pas changé son discours. « Kagame sera arrêté, et le Rwanda annexée, deviendra la 27e Province de la RDC ».
La « Rupture » n’épargnera personne !
Candidat Président de la République, nº2, le natif de Kisangani centre tout son programme sur la « Rupture », une vision politique qui met l’accent sur la lutte contre les antivaleurs notamment la corruption et le népotisme dans l’administration publique, tant au niveau central dans les provinces.
De la vie sociale à la gestion de la cité, le jeune opposant n’a qu’une seule option pour sortir la RDC de son état actuel. « Rompre avec le passé ». Le passé dont il est question ici fait allusion à la gestion basée sur les intérêts individuels, le détournement des fonds ainsi que la corruption et l’impunité.
Pour lui, il est tout à fait impossible de construire des routes ou d’initier les programmes de développement local dans une province où un gouverneur se lance dans la pratique de vente illégale des terres. À cela il fait référence à la Gouverneure de la Tshopo, sa province d’origine, qui est citée dans une affaire de vente d’environs quatre hectares des terres appartenant à une communauté située sur la rive droite du fleuve Congo, dans la ville de Kisangani.
La « Rupture » comme arme contre le conflit des générations
En République Démocratique du Congo, un quart de la population seulement a un emploi et un logement décent. Des centaines de millions des jeunes vivent dans le chômage, des familles meurent de la pauvreté. La population vit dans une situation de précarité sur tous les plans.
Dans son projet de « Rupture », Constant Mutamba vise à mettre fin au cycle des vieux et la socialisation des fonctions dans le service de l’État, afin de donner l’opportunité aux jeunes. Pour cela, « le slogan de jeunes votent jeune doit être ancré dans les esprits des jeunes ambitieux qui n’ont pas les mains imbibées du sang et de la corruption », a-t-il souligné.
Avec son parti la Dynamique progressiste de l’opposition, Constant Mutamba vise le changement de la classe politique congolaise. Il est le seul opposant à pouvoir alignés plus de candidats députés nationaux et provinciaux pour les élections du 20 décembre prochain.
