30 mai 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Kisangani : réunis et soutenus par le professeur Grison-Trésor Kakumbi via son laboratoire, des enfants en rupture familiale racontent leur calvaire

Le laboratoire de Philosophie, du Droit à l’Éducation et du Numérique, sous la houlette du professeur Grison-Trésor Kakumbi, a organisé une rencontre avec les enfants en rupture familiale communément appellés « enfants de la rue » à la Place des Martyrs à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.

C’était à l’occasion de la journée nationale de la révolution et des Forces armées congolaises, celebrée le 17 mai de chaque année ; que ces enfants ont expliqué devant l’équipe du laboratoire composée des médecins, éducateurs, coiffeurs, et même quelques enfants ; les causes de leur situation ans la rue, les moyens de survie et leur desir ardent.

Pourquoi nombreux vivent dans la rue…

Les causes justifiant la présence de ces enfants dans la rue sont multiples. À en croire leurs témoignages et celui du professeur Grison-Trésor Kakumbi, pour certains, il s’agit simplement de la conséquence de la polygamie, la mort des parents, etc. D’autres sont enfants de militaires decédés au front, sans oublier ceux qui sont victimes de stigmatisation des religions qui les accusent de sorcellerie.

J’ai 12 ans. Ça fait 4 ans que je suis dans la rue. Mes parents m’ont abandonné à l’âge de 6 mois avec ma jumelle dans la maison. On vivait avec nos grands parents et à un moment données ça ne tennait plus car on me qualifiait de sorcière , je suis venue vivre dans la rue.

témoigne une fillette

À un autre de poursuivre :

Pour manger, j’attaque les gens et je ravis leurs sacs. Malheureusement pour moi quand je réussis à voler, il y’a toujours des militaires et policiers qui me suivent pour me taper et me ravir mon argent. Regarde même cette blessure, c’est un policier qui m’a frappé la nuit avant de ravir mon argent que j’avais déjà volé. Si on m’apprend le karaté par exemple, je pourrais rester vivre au dojo.

souligne un garçon de 13 ans

Le professeur Grison-Trésor Kakumbi a indiqué que le laboratoire de Philosophie, du Droit à l’Éducation et du Numérique a déjà identifié plus de 800 enfants vivants dans la rue. Il estime qu’il est important d’encadrer les enfants de la rue dans la rue :

Nous fonctionnons toujours dans le silence. Aujourdhui on a voulu sortir en public avec un échantillon tiré de plus de 800 enfants de la rue déjà identifiés pour alerter à travers cette activité, la communauté locale, nationale et internationale sur les enfants qui se trouvent dans les rues. C’est bien de les mettre dans des centres d’encadrement. Mais pour un enfant qui n’a pas pu vivre dans une famille, passer directement dans un centre de réinsertion sans passer par un intermédiaire, c’est difficile.

a-t-il souligné

Quid de la présence des enfants « de la maison » dans cette activité

Pour le professeur Grison-Trésor Kakumbi, la bonne méthode est l’approche enfant-enfant :

On ne peut pas régler les problèmes des enfants de la rue avec costume. Nous sommes venus avec nos enfants pour qu’il y’ait amitié entre enfamt et enfant. Dans notre aprroche nous voulons parler des enfants qui ont vu nos enfants. C’est pour créer le goût et l’amitié. On amène nos enfants dans la rue pour échanger avec leurs semblables et ceux de la rue fréquentent nos maisons pour inciter en eux le desir d’appartenir à une famille. Et cette pratitque est un succès car entre eux, ils se comprennent. Je demande aux adultes de ne pas chasser ces enfants quand ils mendient dans la rue. Donnez leur autant que vous pouvez. Même une opportunité du travail. Et d’ailleurs, la mairie peut mettre en profit ces jeunes pour leur permettre de survivre.

a exhorté le professeur Kakumbi

Notez qu’une équipe de prise en charge s’est installée sur place pour examiner ces enfants, les coiffeurs pour s’occuper de leur propreté pour ceux qui le souhaitent, les sportifs pour encadrer ceux qui désirent pratiquer une discipline sportive et les éducateurs pour les notions de base. Cette pratique va se poursuive dans leurs sites respectifs.

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