L’adjudante Sarah Ebabi Ebadjara, secrétaire adjointe à la Détection Militaire des Activités Anti-Patrie (DEMIAP), comparaît en flagrance devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe. Elle est poursuivie pour violation des consignes militaires, après la diffusion sur les réseaux sociaux de photos et vidéos la montrant en train d’échanger un baiser avec son époux, alors qu’elle portait sa tenue militaire.
Selon le ministère public, ces publications contreviennent à une instruction stricte du chef d’état-major général des FARDC, qui interdit aux militaires de partager sur les réseaux sociaux des images en uniforme jugées de nature à compromettre l’honneur ou la discipline de l’armée.
Une défense basée sur le contexte privé
À la barre, l’adjudante Ebabi a plaidé non coupable. Elle affirme que les images avaient été réalisées dans un studio photo, dans le cadre des préparatifs de son mariage, prévu pour le 31 octobre 2025.
L’infraction est individuelle, monsieur le Président. Ce n’est pas moi qui ai publié ces images.
a-t-elle déclaré devant la cour, affirmant que le photographe aurait diffusé les clichés sans son autorisation
Des sources proches du dossier confirment qu’il s’agissait bien d’une séance privée de pré-mariage (“Save the date”), sans intention de nuire à l’image des FARDC. Le photographe, censé comparaître ce mardi 28 octobre 2025, serait pour l’instant injoignable.
Un débat sur la limite entre vie privée et discipline militaire
L’affaire de l’adjudante Ebabi a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Certains internautes dénoncent une sanction jugée excessive pour un acte à caractère intime, tandis que d’autres rappellent que le port de l’uniforme implique une rigueur exemplaire, même en dehors du cadre professionnel.
Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève un débat plus large : jusqu’où s’étend la liberté d’expression des militaires à l’ère des réseaux sociaux ? Entre devoir de réserve et vie personnelle, les forces armées congolaises se retrouvent face à un nouveau défi de discipline et d’image dans un monde numérique où un simple cliché peut prendre des proportions inattendues.
En attendant le verdict, le dossier Ebabi illustre les tensions croissantes entre tradition militaire et modernité numérique au sein des FARDC.
