30 mai 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Conflit Mbole-Lengola : le caucus des élus de la Tshopo porte haut le cri d’alarme des victimes

Fini le silence autour du conflit Mbole-lengola qui se vit dans la commune de Lubunga, à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, depuis le mois de Février 2023.

Les nouveaux députés nationaux élus de la Tshopo se sont imprégnés de la situation et sont  allés rencontrer, ce mardi 4 Juin 2024, le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, en vue de trouver solution à ce conflit qui tend à s’éterniser à Lubunga.

En effet, depuis le mois de Février 2023, les peuples Lengola et Mbole s’affrontent dans la commune de Lubunga. Ces affrontements se sont étendus sur les axes routiers Lubunga-Ubundu, Lubunga-Opala et Lubunga-Isangi. Ils se déroulent aussi bien dans les environs des résidences, que dans les champs ou dans la forêt.

Pour rappel, les premières tentatives d’explication quant à la cause de ce conflit avaient évoqué péremptoirement l’acquisition, par une entité économique dénommée Compagnie Agro-Pastorale du Congo (CAP-Congo), d’un bloc de terre de 4.000 hectares à la suite de la signature de 20 contrats d’occupation de terre par Madame Madeleine Nikomba Sabangu, ex-Gouverneure de la province de la Tshopo

Ainsi, face au silence qui règne au tour de la résolution de ce conflit qui a causé plus de 500 morts, le caucus des députés nationaux de la Tshopo est allé rencontrer le numéro 1 de l’Assemblée nationale pour porter haut le cri d’alarme du conflit Mbole-lengola, qui semble n’avoir pas trouvé de solution efficaces. Ils ont formulé des recommandations pour mettre un point final à ces atrocités :

  • La suspension, le cas échéant, l’annulation de tous les 20 contrats d’occupation provisoire de CAP CONGO SARL afin de revenir à la procédure prévue à l’article 183 de la loi dite foncière ;
  • L’imposition de la paix par les forces de défense et de sécurité ;
  • Le désarmement de tout détenteur illégal d’armes létales ;
  • La tenue d’un forum pour la paix et le vivre-ensemble dans la Tshopo ; La clarification des limites administratives et des ayants droit sur tous les axes en recourant aux services compétents ;
  • La réhabilitation des routes provinciales et des pistes rurales pour permettre la circulation des personnes et de leurs biens ;
  • prise en charge humanitaire de toutes les populations victimes (environ 100.000 déplacés internes, blessés, enfants non scolarisés, etc.).

Il est par ailleurs à signaler que les affrontements entre les deux ethnies ont conduit à des atrocités épouvantables, lesquelles ont occasionné plusieurs morts, des incendies de plusieurs maisons et champs ainsi que des déplacements massifs de la population. Trois camps de déplacés sont identifiés à Kisangani dont un à l’Eglise catholique Sainte Marthe de Lubunga, un autre dans la Commune de Kisangani (site Konga-Konga) et, le dernier, à la paroisse Saint Gabriel de Simi-Simi dans la Commune Makiso.

Lesdits déplacements de la population, en plus de mettre un coup d’arrêt aux activités productives, ont des conséquences humanitaires et sociales incalculables. La coexistence pacifique et harmonieuse des groupes tribaux ou ethniques dans la Tshopo est sérieusement entamée ; les élèves et leurs enseignants ne savent plus fréquenter les écoles et suivre un programme scolaire normal ; la prostitution et l’exposition aux IST ont refait surface ; le phénomène enfants-quémandeurs dans la rue a pris de l’ampleur.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *