4 avril 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Transport

RDC – Contrat des 1000 bus : l’ombre du doute plane sur TRANSCO

Le partenariat public-privé signé entre l’Établissement public Transports au Congo (TRANSCO) et la firme FOTON est déjà au cœur d’une vive polémique. L’intersyndicale de TRANSCO dénonce de « nombreuses zones d’ombre » entourant cet accord et exige l’intervention de l’Inspection générale des finances (IGF) pour en examiner la régularité.

Dans une correspondance adressée au directeur général intérimaire, Sylva Bilambo, et réceptionnée le lundi 9 février 2026, les représentants du personnel expriment leurs sérieuses réserves. Le document, également transmis aux instances concernées, pointe plusieurs irrégularités présumées liées à ce partenariat portant sur l’acquisition de 1 000 bus de marque FOTON.

Selon l’intersyndicale, certaines dispositions du contrat pourraient compromettre les intérêts de l’entreprise publique. Parmi les préoccupations soulevées figurent la requalification de l’apport de l’État congolais via TRANSCO, l’absence de clarté sur l’évaluation des exonérations fiscales et parafiscales accordées, ainsi que la prise en compte de la subvention en produits pétroliers octroyée par l’État.

Les syndicalistes regrettent également que des contributions majeures de TRANSCO, telles que les parkings et entrepôts, ne soient pas explicitement intégrées dans le contrat. Ils soulignent en outre que la marque TRANSCO, considérée comme un actif stratégique à forte valeur commerciale, n’aurait fait l’objet d’aucune valorisation nominale.

Autre point de crispation : la crainte de voir émerger une structure parallèle au sein de l’entreprise, fonctionnant avec un nombre restreint d’agents au détriment du reste du personnel. L’intersyndicale qualifie également de « dolosive » la clause prévoyant la rétrocession des bus à TRANSCO après cinq ans d’exploitation, estimant que leur état pourrait déjà être fortement dégradé dès la troisième année.

Face à ces inquiétudes, les représentants des travailleurs appellent à un encadrement rigoureux du partenariat afin qu’il repose sur un véritable principe gagnant-gagnant. Ils recommandent formellement l’intervention de l’IGF pour assurer transparence et conformité contractuelle, et apaiser les tensions sociales.

Cette controverse survient dans un contexte interne déjà fragile pour TRANSCO, marqué par des difficultés persistantes affectant les conditions de travail et de vie du personnel. Selon des sources proches de l’organisation syndicale, le climat se serait encore détérioré à la suite de la réunion ordinaire du conseil d’administration tenue le 9 février 2026, au cours de laquelle le directeur général aurait été désavoué par la majorité des administrateurs pour un présumé détournement de fonds.

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