L’Association des Professeurs de l’Université de Kisangani (APUKIS) est montée au créneau ce lundi, à l’issue d’une Assemblée générale extraordinaire tenue à la Faculté des Sciences. Au cœur des échanges figurait la situation judiciaire et humaine du professeur Jean-Claude Pandatimu Big Wa Ganga, détenu depuis 818 jours sans qu’aucun arrêt n’ait été rendu par la Cour de cassation, alors que son dossier est en délibéré depuis près de deux ans.
Les enseignants rappellent que cette affaire trouve son origine dans un contentieux familial. À la suite d’un jugement de divorce, le professeur Pandatimu avait obtenu la garde légale de ses enfants, décision confirmée en appel. Lors de l’exécution forcée de ce jugement, en juillet 2023, son domicile aurait été incendié par son ex-épouse, selon les faits exposés par l’APUKIS.
Au-delà de l’aspect judiciaire, les professeurs alertent sur la dégradation préoccupante de l’état de santé de leur collègue.
Selon le rapport médical émanant de l’administration pénitentiaire, l’état de santé physique et psychique du professeur Jean-Claude Pandatimu Big Wa Ganga devient de plus en plus alarmant.
indique l’association
L’APUKIS évoque également de possibles interférences politiques ayant influencé le cours normal de la justice :
Cette affaire, enrôlée sous le numéro RPA 207, a été instruite, plaidée et prise en délibéré depuis le 22 janvier 2024. Le refus persistant et sans motif valable de la Cour de cassation de rendre son arrêt a porté délibérément atteinte aux droits fondamentaux du professeur Jean-Claude Pandatimu à bénéficier d’une justice juste, équitable et impartiale. Bien plus, certains acteurs politiques et membres des gouvernements national et provincial auraient donné des injonctions au juge président de la chambre, cadre d’un parti politique et candidat malheureux aux élections législatives nationales du 20 décembre 2023.
Au regard de ces faits, l’APUKIS exige :
la libération immédiate et sans condition du professeur Jean-Claude Pandatimu Big Wa Ganga, détenu arbitrairement depuis 818 jours ; sa prise en charge médicale urgente par le gouvernement de la République démocratique du Congo.
À défaut de satisfaction rapide de ces revendications jugées légitimes, l’APUKIS se réserve le droit de recourir à des actions syndicales d’envergure, notamment la grève, des marches pacifiques et toute autre action légale visant à faire respecter l’État de droit et la dignité humaine.
