27 juillet 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Actualité Politique

RDC : les gouverneurs haussent le ton pour défendre la stabilité institutionnelle et réclamer une justice financière équitable

Réunis dans le cadre de la 12e conférence des gouverneurs ce mardi 10 juin à Kolwezi dans la province du Lualaba, les chefs des exécutifs provinciaux de la République démocratique du Congo ont lancé un appel fort en faveur d’une meilleure gouvernance territoriale et d’une justice financière plus équitable. La déclaration conjointe, lue par Jacques Kyabula, gouverneur du Haut-Katanga, a mis en lumière les nombreuses failles qui entravent le bon fonctionnement des institutions décentralisées.

Tout en saluant les avancées notables sous la présidence de Félix Tshisekedi — notamment sur le plan diplomatique et dans la mise en œuvre de la couverture santé universelle — les gouverneurs n’ont pas dissimulé leur inquiétude face aux multiples dysfonctionnements observés.

Parmi les revendications phares figure la non-opérationnalisation persistante de la Caisse nationale de péréquation, un outil censé favoriser la solidarité interprovinciale en redistribuant les ressources nationales de manière équitable. À cela s’ajoute le retard chronique dans la rétrocession des fonds aux provinces, qui compromet gravement la fourniture des services sociaux de base.

Les gouverneurs dénoncent également l’instabilité institutionnelle que connaissent certaines provinces, souvent alimentée, selon eux, par des crises orchestrées au sein des assemblées provinciales. Ces tensions fragilisent l’administration locale et freinent le développement territorial.

Face à ces dérives, les gouverneurs réclament le paiement régulier des émoluments des députés provinciaux, considérant cette mesure comme essentielle pour apaiser le climat politique et prévenir les manipulations à des fins partisanes.

Leur message, au-delà des revendications immédiates, porte une ambition claire : réaffirmer la place et le rôle des provinces dans l’architecture institutionnelle du pays. Ce mémorandum commun marque ainsi une étape significative dans le processus de redéfinition des rapports entre le pouvoir central et les entités décentralisées, dans une logique de concertation mais aussi de fermeté.

La conférence de Kolwezi pourrait bien faire date dans l’histoire récente de la décentralisation congolaise, en jetant les bases d’une gouvernance plus équilibrée et responsable.

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