La situation sécuritaire suscite une vive inquiétude dans le territoire de Mweka, dans la province du Kasaï, où des habitants dénoncent des traitements inhumains qui leur seraient infligés par des militaires déployés au poste de Misumba. Entre tracasseries, violences et extorsions présumées, la population locale affirme vivre sous une pression permanente.
Face à ces accusations jugées graves, le député provincial élu de Mweka, Jean Calvin Minga, est monté au créneau. Dans une lettre ouverte adressée au bureau de l’Assemblée provinciale du Kasaï, le vendredi 13 mars 2026, l’élu dénonce ce qu’il qualifie d’abus répétés commis contre les habitants de sa base électorale et appelle les autorités provinciales à agir sans délai.
Dans sa correspondance, dont une copie a été consultée par notre rédaction, Jean Calvin Minga évoque un climat de peur qui régnerait dans les localités de Batwa et dans les villages environnants. Selon lui, les populations se sentent abandonnées, dénonçant une absence presque totale de l’autorité de l’État au poste d’encadrement administratif de Misumba.
L’élu affirme que des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), censés assurer la protection des civils, seraient plutôt accusés de multiplier les actes de tracasserie. Il évoque notamment des confiscations de biens, des ravissements de motos et l’exigence d’une « ration » de 2.000 francs congolais imposée aux habitants.
Les militaires, au lieu de protéger la population, la tracassent. Ils confisquent des biens personnels, ravissent des motos et infligent jusqu’à cent coups de fouet à ceux qui refusent de payer.
déplore le député dans sa lettre
Pour Jean Calvin Minga, ces pratiques sont d’autant plus inacceptables que la prise en charge des militaires relève de la responsabilité de l’État et ne devrait en aucun cas être imposée à des populations civiles déjà vulnérables.
L’élu affirme que la population vit un véritable calvaire depuis l’arrivée de cette unité militaire dans la zone. Il dénonce également ce qu’il considère comme un silence préoccupant du Conseil provincial de sécurité face aux plaintes répétées des habitants.
Profitant de la période des vacances parlementaires, le député demande au bureau de l’Assemblée provinciale de convoquer dans les plus brefs délais le ministre provincial de l’Intérieur afin qu’il s’explique sur ces accusations devant la représentation provinciale.
Selon lui, cette démarche vise à préserver la crédibilité de l’institution provinciale et à éviter toute suspicion de complaisance face à des pratiques qu’il qualifie de barbares.
Il est essentiel de protéger l’intégrité de notre institution et de contraindre l’exécutif provincial à agir, afin d’éviter que la population ne soit poussée à la légitime défense.
avertit-il
Jean Calvin Minga appelle également l’auditeur supérieur de la garnison de Tshikapa à ouvrir une enquête judiciaire contre le commandant de l’unité militaire mise en cause ainsi que ses éventuels complices.
L’élu rappelle par ailleurs qu’en octobre 2020, lors d’une conférence de paix organisée à Kananga, des habitants de cette zone avaient publiquement exprimé leur désir d’être réintégrés dans la province du Kasaï Central, estimant être abandonnés par les autorités du Kasaï.
Pour le député de Mweka, le silence persistant de l’exécutif provincial face aux dénonciations actuelles risque de raviver ce sentiment d’abandon et d’alimenter davantage la frustration des populations locales.
Il appelle ainsi les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes afin de mettre fin à ces abus présumés et garantir la protection effective des citoyens dans cette partie du territoire de Mweka.
