La société civile de Beu-Manyama, dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, a décrété à partir de ce lundi 27 juillet 2026 trois journées de deuil à la suite d’un nouveau drame meurtrier imputé à des soldats indisciplinés, portant à au moins six le nombre de civils tués par des militaires en trois mois dans cette zone de l’est de la République démocratique du Congo.
La mesure de protestation, entrée en vigueur ce lundi 27 juillet, fait suite à une fusillade survenue au cours du week-end dernier dans une cafétéria locale, où un militaire incontrôlé a ouvert le feu, faisant trois morts dont un soldat et plusieurs blessés graves.
C’était une scène de carnage impensable. Les gens buvaient tranquillement leur café quand la dispute a éclaté et que les armes ont crépité. On ne peut pas mourir entre les mains de ceux qui sont censés nous protéger.
s’indigne auprès de notre rédaction un commerçant du centre commercial de Beu-Manyama, présent lors des faits
Face à la multiplication de ces bavures, les forces vives locales dénoncent l’impunité et le manque de discipline au sein de certaines unités des Forces armées de la RDC déployées dans la région.
En seulement trois mois, nous avons enterré six personnes à cause de l’ivresse et des abus d’armes à feu de quelques militaires irresponsables. Trop c’est trop ! Ces trois jours de ville morte sont notre cri de ras-le-bol.
martèle un responsable du noyau de la société civile locale
Ce climat d’insécurité entretenu par des éléments fardés exaspère une population déjà éprouvée par les attaques récurrentes des groupes armés, notamment les rebelles ADF.
Nous demandons la permutation immédiate de ces troupes et un jugement exemplaire des coupables par la justice militaire. Nos enfants ont peur de croiser les soldats dans la rue.
témoigne sous couvert d’anonymat une mère de famille résidant dans la localité
Signalons que les autorités militaires de la région du Nord-Kivu, contactées par notre rédaction, n’avaient pas réagi dans l’immédiat à cette annonce de deuil communautaire ni au bilan des violences.
