Les candidats régulièrement inscrits aux programmes de Diplôme d’Études approfondies (DES/DEA), de spécialisation et de doctorat dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire de la province de la Tshopo ont adressé une note de plaidoyer au ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU).
Cette déclaration, lue devant la presse ce samedi 24 janvier 2026 par le président des scientifiques de l’Université de Kisangani, l’assistant Guy Buse, est adressée à Son Excellence Madame la Ministre de l’ESU, Marie-Thérèse Sombo Ayane. Les signataires y saluent l’engagement de la ministre dans la poursuite des réformes courageuses engagées dans le secteur, dans la continuité de l’action menée par son prédécesseur, le ministre Mohindo Nzangi.
Selon les candidats, la généralisation du système Licence-Master-Doctorat (LMD) ainsi que la mise en place progressive des écoles doctorales constituent des avancées majeures pour améliorer la qualité, la compétitivité et la visibilité internationale de l’enseignement supérieur congolais. Toutefois, ils estiment que certaines modalités d’application de ces réformes, notamment celles concernant les étudiants du troisième cycle relevant du système PADEM, nécessitent une attention particulière.
D’après la déclaration, plus de 80 % des candidats concernés sont des assistants et chefs de travaux issus des universités publiques. La majorité d’entre eux ne bénéficie d’aucune bourse d’études et fait face à d’importantes difficultés financières. Entre les frais académiques élevés, les charges liées à la recherche, les enquêtes de terrain, les publications scientifiques et autres coûts annexes, ces chercheurs en formation consentent à de lourds sacrifices, parfois sans rémunération régulière.
À ces contraintes financières s’ajoutent, selon eux, des lourdeurs administratives et des délais jugés trop courts, susceptibles de compromettre la qualité scientifique, la rigueur méthodologique et l’impact sociétal attendus des travaux de recherche du troisième cycle.
Dans un esprit qu’ils qualifient de constructif, responsable et patriotique, les candidats formulent trois principales recommandations à l’endroit du ministère de l’ESU :
Ils sollicitent une analyse approfondie de l’état réel d’avancement des étudiants du troisième cycle, en vue de l’élaboration d’un chronogramme transitoire réaliste, tenant compte des réalités académiques et institutionnelles des universités publiques. Ils demandent la suppression de certains frais jugés superflus ainsi que la limitation à trois ans maximum des frais de réinscription pour les candidats ayant dépassé le délai légal dans les programmes de DES, DEA et de spécialisation, afin d’éviter une précarisation accrue des chercheurs. Enfin, tout en soutenant la clôture définitive des inscriptions aux programmes de DES, DEA et de spécialisation en Médecine, les signataires plaident pour une autorisation exceptionnelle permettant aux candidats déjà inscrits avant cette mesure de finaliser leur cursus jusqu’au doctorat dans le cadre du système PADEM. Une telle mesure, estiment-ils, garantirait le respect des droits académiques acquis sans entraver la mise en œuvre des écoles doctorales.
Les candidats espèrent que ce plaidoyer retiendra l’attention bienveillante de la ministre de l’ESU et contribuera à une mise en œuvre apaisée, équitable et humaine des réformes, plaçant la recherche scientifique congolaise au cœur du développement national.



