Composée de 6 personnes dont trois sourds, une personne vivant avec albinisme, un interprète en langage des signes, et deux membres du staff de l’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits humains (AJDDH) ; une délégation s’est entretenue avec le Secrétaire Exécutif Provincial de la CENI/Tshopo, Madame Aimé Lihaha, dans son bureau, ce mercredi 12 Juin 2024.

Le but de cette rencontre était, pour cette délégation, de faire un plaidoyer dans le cadre du projet sur l’inclusion électorale des sourds et personnes vivant avec albinisme qu’execute l’ONG AJDDH avec l’appui technique et financier d’IRI et USAID. En toute convivialité, échanges ont ainsi tourné autour sur la participation électorale des sourds et personnes vivant avec albinisme, dans la ville de Kisangani.
Tout en félicitant la CENI d’avoir organisé une activité de sensibilisation électorale à l’intention des PVH (personnes vivant avec handicap) en général et les sourds en particulier qui est une première dans l’histoire électorale de notre pays, le Directeur Exécutif de l’ONG AJDDH (Jedidia Mabela) qui a conduit la délégation est revenu sur les défis qui continuent à freiner la participation électorale des sourds et personnes vivant avec albinisme. Au nombre desquels : l’absence des interprètes en langage des signes dans les centres d’inscription et/ou centres de vote, la non accessibilité par les sourds des informations relatives au processus électoral pour indisponibilité des manuels ou supports d’information en langage des signes, l’absence d’interprètes en langage des signes dans les activités officielles de sensibilisation sur le processus électoral ou encore dans les émissions, et la non-facilitation et/ou encadrement des sourds et PVA sur la file d’attente devant les centres d’inscription et/ou centres de vote.


Au regard de ces principaux défis, 5 recommandations ont été formulées à la CENI :
- Impulser une politique de communication inclusive qui intègre la langue de signe pour tout programme d’éducation électorale ;
- La cooptation des sourds et PVA comme agents électoraux ;
- La sélection de quelques interprètes en langage des signes pour les placer dans certains centres de vote dont les noms doivent être communiqués au préalable aux sourds ;
- Instruire administrativement (à travers un communiqué formel) aux Agents de la CENI de faciliter en priorité les sourds et les PVA sur la file d’attente au même titre que d’autres personnes vulnérables (personnes de troisième âge, femme enceinte…) ;
- D’engager au sein de la CENI, certains interprètes en langage des signes.
Très émue par cette initiative, Madame le SEP a félicité l’ONG AJDDH et a promis de continuer à s’investir pour donner la chance aux sourds et PVA de participer aux élections au même titre que d’autres citoyens.
L’occasion faisant le larron, Madame Aimé Lihaha a promis de prendre au moins un sourds qui pourra travailler très bientôt dans l’un des 6 centres de vote qui seront ouverts pour les élections des conseillers urbains, bourgs et bourgs adjoints.
Sachant que dans les 710 bureau de vote à Kisangani il n’y a pas d’interprètes en langage de signes, chose qui a créé par moment des tensions entre les sourds et certains agents récalcitrants qui ne respectent pas la loi (qui préconise de prioriser les PVH), le Secrétaire exécutif de la CENI a promis de transmettre la note de plaidoyer à sa hiérarchie.



